C’est un parfum d’Afrique de l’Ouest qui a flotté sur Paris pendant trois jours. La 4ᵉ édition des African Cinema Days, orchestrée par Cinewax et la Cinémathèque Afrique, a fait vibrer du 4 au 6 avril 2025, à la machine du moulin rouge, la capitale française au rythme de la Côte d’Ivoire. Plus de 600 spectateurs se sont rassemblés pour explorer un pan souvent méconnu mais ô combien vibrant du cinéma africain.
Dès le lancement au club de l’étoile, le ton est donné. Bal Poussière, comédie culte d’Henri Duparc, restaurée pour l’occasion, réunit une salle pleine à craquer. Les rires fusent, teintés de nostalgie. On ne redécouvre pas seulement un film, mais une époque, un langage, une identité.
Au fil des projections, les classiques s’enchaînent ‘’La Femme au Couteau’’ de Timité Bassori, ‘’Wariko’’ de Fadika Kramo-Lanciné etc. Des œuvres issues d’un catalogue exceptionnel de plus de 1 800 films préservés par la cinémathèque Afrique.
“Il est temps que la diaspora se reconnecte à ces chefs-d’œuvre et en comprenne la portée historique”, insiste Aïssa Diaby, porte-parole de l’institution.
Mais les African Cinema Days, ce n’est pas qu’une rétrospective : c’est un espace de réflexion. Un panel engagé explore l’avenir du 7ᵉ art ivoirien.
“Il y a un regain d’intérêt pour le cinéma ivoirien. On sent une volonté de structuration, de rayonnement, y compris à l’international”, confie le réalisateur Olivier Kissita.
Les plus jeunes ne sont pas en reste. ‘À la machine du moulin rouge’, ‘’Aya de Yopougon’’ et ‘’Akissi’’ séduisent un jeune public hilare. Le cinéma devient ici un pont entre générations, un outil de transmission et de fierté.
Et comme tout bon festival africain, la fête s’invite avec éclat. Clôture explosive avec l’humour de Sacko Camara, les platines enflammées des DJ et un concert de Meiway, légende du Zoblazo. Le public danse, chante, communie. Paris se transforme en Abidjan le temps d’une nuit.
Les ‘’African Cinema Days 2025’’ auront prouvé une chose, le cinéma africain, et en particulier celui de Côte d’Ivoire a le pouvoir de rassembler, d’éduquer et d’émouvoir. Et surtout, il a encore tant à dire.
Amy N’DIAYE