À six mois de l’élection présidentielle prévue en octobre 2025, le prêtre catholique ivoirien Marius Hervé Djadji a lancé un vibrant appel à l’endroit du président de la Commission Électorale Indépendante (CEI), Kuibiert-Coulibaly Ibrahime. Dans un message publié ce lundi 14 avril sur sa page Facebook, le prélat s’est exprimé en tant que citoyen ivoirien préoccupé par les conséquences tragiques des précédents scrutins dans le pays.
S’inscrivant dans le contexte de la Semaine Sainte, le Père Djadji justifie sa sortie publique par « un devoir de vérité et de responsabilité ». « Me taire, c’est pratiquer le silence coupable », écrit-il d’entrée de jeu, soulignant que le choix de la plateforme sociale Facebook est lié à l’inaccessibilité des canaux officiels de communication.
Dans une longue adresse mêlant plaidoyer historique, dénonciation et interpellation spirituelle, le prêtre revient sur plusieurs épisodes sombres de l’histoire électorale ivoirienne. Il évoque notamment les crises de 2000 et de 2010, pointant du doigt les défaillances des présidents successifs de la commission électorale. À ses yeux, ces dysfonctionnements ont contribué à l’embrasement du pays, coûtant la vie à de nombreux Ivoiriens.
« En Côte d’Ivoire, les crises post-électorales proviennent surtout de la non fiabilité et de la non crédibilité des structures d’organisation et de proclamation des résultats », insiste-t-il, appelant Kuibiert-Coulibaly à ne pas « ajouter encore des morts, des victimes, des paralytiques, des violées sur la liste macabre qui ne nous fait pas honneur ».
Dans un ton à la fois solennel et prophétique, le prêtre invite le président de la CEI à choisir entre « être un autre Pilate » ou « un Joseph d’Arimathie », faisant allusion à des figures bibliques symbolisant la trahison et la droiture face à l’injustice.
Le message du Père Djadji ne se veut pas une condamnation, mais un appel à la conscience. Il souhaite que la prochaine élection soit un tournant pour la démocratie ivoirienne, un processus apaisé, transparent et respectueux de la volonté du peuple.
« Je parle en tant qu’un Ivoirien qui veut voir de ses yeux une élection sans morts en Côte d’Ivoire », conclut-il.
Toussaint KONAN