Le 26 avril 2025, la maison de la poésie accueillera la deuxième édition du festival et prix des littératures urbaines, un événement littéraire pas comme les autres, né d’un besoin urgent : raconter la ville autrement. Pensé pour faire entendre les récits de celles et ceux qui vivent réellement les réalités urbaines, ce festival veut briser le silence autour des périphéries, des quartiers populaires, et des existences trop souvent marginalisées dans la création littéraire.
La genèse du projet repose sur un constat limpide. Alors que la grande majorité des Français vivent en ville, peu d’espaces littéraires leur sont consacrés. Ce manque a poussé Zakaria Harroussi, Freddy Dzokanga et Taoufik Vallipuram à créer un rendez-vous audacieux, loin des cercles feutrés de la critique élitiste. Leur objectif ? Repenser les imaginaires urbains, en s’appuyant sur la parole de celles et ceux que l’on entend peu.
Dès sa première édition en 2024 à la Gaîté Lyrique, le ton était donné, le festival n’est pas un simple espace de débat, mais un outil de reconnaissance. Il a d’ailleurs récompensé deux figures fortes : Pauline Guéna pour Reine, et Rachid Santaki pour Anissa.
Pour 2025, le thème « Vivre. En ville. Ensemble ? » questionne une formule vidée de sa substance. « Le vivre-ensemble est devenu une coquille vide, une illusion de cohésion sociale », pointent les fondateurs. Leur ambition est claire : faire vibrer une pluralité de récits là où trop souvent ne résonne qu’un seul discours.
Tout au long de la journée, autrices, auteurs, journalistes, sociologues et artistes prendront part à des tables rondes qui aborderont des sujets bruts : précarité des masculinités, opposition stérile entre campagne et banlieue, expériences de détention ou de migration. L’enjeu est de faire émerger une littérature vivante, ancrée, loin des fantasmes.
Le festival est aussi un prix littéraire citoyen. Une sélection rigoureuse de 47 ouvrages a été soumise à un comité de lecture composé de 100 personnes venues de toute la France, représentant la diversité sociale et territoriale. Quatorze finalistes (romans et essais) seront départagés par un jury aussi atypique qu’engagé : un livreur, une détenue, un rappeur, une actrice, des sociologues, des enseignants.
Au-delà des débats, la programmation se veut inclusive et créative : ateliers d’écriture jeunesse, contes dans la cité, échanges sur les coulisses du prix, remises de prix, le tout rythmé par une volonté de faire de la ville un objet littéraire majeur.
Ortis. A