Musique: Angelo Papa , le pilier du Youssoumba lutte contre la maladie

Le youssoumba, rythme né dans les villages lagunaires de Côte d’Ivoire et devenu symbole d’identité musicale nationale, est aujourd’hui menacé de perdre l’une de ses voix les plus emblématiques. Angelo Papa, lead vocal du mythique groupe Aboutou Roots, est atteint d’un cancer qui fragilise sa santé et suscite une vive émotion dans le monde artistique.

Depuis plusieurs semaines, l’artiste est suivi en Côte d’Ivoire. Le ministère de la Culture et de la Francophonie suit de près son dossier, mais son épouse lance un cri de détresse : les équipements médicaux nécessaires à une meilleure prise en charge ne sont pas disponibles dans le pays. Elle appelle donc à la solidarité nationale et internationale pour permettre son évacuation sanitaire en Europe, où il pourrait bénéficier des soins appropriés.

Créé dans les années 1990, Aboutou Roots a contribué à moderniser et à populariser le youssoumba auprès d’un large public. Avec leur style unique et leurs textes inspirés du quotidien, les membres du groupe ont porté ce genre musical des scènes locales aux grandes scènes africaines. Et au cœur de cette réussite, il y a la voix chaleureuse et habitée d’Angelo Papa, capable de transmettre aussi bien la joie festive que la mélancolie d’un peuple.

Aujourd’hui, cette voix est en danger. Pour les mélomanes, l’épreuve qu’il traverse dépasse sa personne : elle touche au patrimoine musical ivoirien. Perdre Angelo Papa, ce serait fragiliser l’un des piliers d’un genre qui incarne la mémoire et l’âme des lagunes.

Dans cet élan de solidarité, le nom d’Apoutchou National et de sa Team TikTok est déjà évoqué. Leur générosité a sauvé ou redonné espoir à des figures comme Gbizié Zoumana ou le comédien Guéhi Veh. Aujourd’hui, c’est Angelo Papa qui attend ce geste de fraternité.

Sauver Angelo Papa, c’est préserver une mémoire vivante du youssoumba. C’est protéger un pan de la culture ivoirienne, afin que sa voix continue de résonner et d’inspirer les générations futures.

Amy N’DIAYE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *