Désinformation et discours de haine : La société civile ivoirienne sonne l’alarme à l’approche de la présidentielle

À un mois de la présidentielle, la société civile ivoirienne hausse le ton face aux dangers que représentent la désinformation et les discours de haine. Le 25 septembre 2025, à Abidjan, l’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme (OIDH) a réuni journalistes, experts, étudiants et acteurs associatifs à l’hôtel Sylver Moon à Angré. Objectif : poser les bases d’une riposte collective pour protéger le processus électoral et préserver la paix sociale.

La multiplication de fausses informations en ligne et la banalisation des propos haineux inquiètent les professionnels du secteur. Pour le professeur Simplice Dion, il ne s’agit pas seulement de désinformation, mais d’une remise en question profonde de la démocratie. « L’enjeu est la confiance et la crédibilité en vue de soutenir la démocratie », dit-t-il , en insistant sur les dilemmes éthiques nés de l’ère de la post-vérité et des vérités alternatives.

Il plaide pour une réponse multidimensionnelle : éducation numérique, fact-checking renforcé, innovation technologique, mais aussi vigilance citoyenne.

Le commissaire Dogba, directeur de la Police de lutte contre la cybercriminalité, a rappelé que la loi ivoirienne sanctionne sévèrement la diffusion de fausses informations.

« Il faut faire attention et être beaucoup plus responsable », explique-t-il, en soulignant les répercussions personnelles et sociales de ces actes.

Mais tout ne repose pas sur les citoyens. La journaliste Nesmond De Laure a soulevé une question sensible : « Que faire lorsque la désinformation vient des pouvoirs publics ? » Elle alerte sur les manipulations à des fins politiques ou géostratégiques, et appelle à une véritable éducation aux médias, qu’elle qualifie de « vaccin » contre la manipulation de masse.

Autre enjeu majeur abordé : le risque de violences électorales. Pour l’experte en gestion des conflits Marie Joëlle Kei, la désinformation joue un rôle déclencheur dans de nombreuses crises. Elle insiste sur l’urgence de sensibiliser les populations et de promouvoir une culture de la paix.

Le Dr N’Goran Bangali, enseignant-chercheur, renchérit : l’éducation aux médias et les systèmes d’alerte précoce doivent devenir des piliers de prévention dans les prochaines échéances électorales.

À travers cette initiative, l’OIDH veut faire plus que sensibiliser . Il s’agit de mobiliser. L’organisation souhaite contribuer à la construction d’une culture démocratique fondée sur l’éthique, la responsabilité et l’accès à une information vérifiée.

Signalons que le pays entre dans une phase cruciale de sa vie politique, cet atelier sonne comme un appel à la vigilance et à l’action.

Amy N’DIAYE 

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