Le manque d’activité sexuelle peut-il affecter négativement la santé physique et mentale d’une personne ?
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social lié à la sexualité. Ce n’est pas seulement l’absence de maladie, de dysfonctionnement ou d’infirmité. Lucya Ouattar épse Alla, Psychologue Clinicienne et Responsable du service de psychologie de l’hôpital psychiatrique de Bingerville, elle implique une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles sources de plaisir, sans risque, libres de toute contrainte, discrimination ou violence.
L’inactivité sexuelle, ou abstinence sexuelle, désigne l’absence volontaire ou involontaire de toute activité sexuelle, incluant les rapports vaginaux, oraux ou anaux, sur une période plus ou moins longue. Cette situation peut être motivée par des raisons personnelles, médicales, psychologiques, sociales ou culturelles.
L’abstinence sexuelle ne signifie pas forcément absence de désir, mais plutôt un arrêt des comportements sexuels. Elle peut être choisie (convictions religieuses, raisons médicales, choix personnel) ou subie (difficultés relationnelles, troubles de santé, stress). En médecine, l’inactivité sexuelle est parfois recommandée temporairement pour des raisons de santé, de prévention d’infections ou avant certaines interventions.
L’impact de l’inactivité sexuelle sur la santé mentale varie selon le contexte, les motivations de l’abstinence et les caractéristiques individuelles. Lorsque l’abstinence est subie, elle peut provoquer anxiété, dépression, baisse de l’estime de soi et augmentation du stress. L’absence de contact physique intime réduit la libération d’hormones du bien-être ocytocine, endorphines, dopamine, affectant l’humeur et le sentiment de connexion sociale. Elle peut aussi engendrer une image corporelle négative et un doute sur sa désirabilité.
Effets psychologiques de l’inactivité sexuelle
L’abstinence non désirée est souvent associée à des sentiments de rejet, d’insuffisance ou d’irritabilité.
Chez les femmes, elle peut entraîner une baisse de la confiance en soi liée à une perception altérée de la désirabilité.
Pour les hommes, la vie sexuelle est souvent un facteur clé de validation personnelle, et son absence peut engendrer un malaise psychologique.
Le manque de toucher, besoin humain fondamental, a aussi des répercussions négatives sur la santé mentale.
Conséquences hormonales et physiques
L’activité sexuelle libère des hormones anti-stress (ocytocine, endorphines). L’inactivité sexuelle réduit leur production, aggravant stress et anxiété. Chez les femmes, une abstinence prolongée peut diminuer la lubrification naturelle, surtout après 50 ans.
Chez les hommes, une faible fréquence d’activité sexuelle est liée à un risque accru de dysfonction érectile.
Impacts sur le bien-être général
L’activité sexuelle contribue au bien-être global : amélioration du sommeil, réduction du stress, renforcement des relations. Son absence peut affaiblir la bienveillance dans le couple et réduire le lien affectif. Elle est aussi comparée à une activité physique modérée bénéfique pour la santé cardiovasculaire et mentale.
L’inactivité sexuelle, particulièrement lorsqu’elle est subie, peut avoir des effets négatifs significatifs sur la santé mentale et le bien-être émotionnel. En revanche, lorsqu’elle est choisie et acceptée, elle peut être une source d’autonomisation. Maintenir une bonne image corporelle et cultiver la connexion sociale sont essentiels pour atténuer les impacts négatifs potentiels de l’abstinence sexuelle.
Florence EDIE