Côte d’Ivoire : Le cri d’alerte des photographes face au manque de respect de leur travail

Le malaise grandit dans le milieu des photographes et créateurs de contenu en Côte d’Ivoire.

À chaque grand événement culturel, le même scénario se répète : accréditations payées au prix fort, accès restreints, et manque de reconnaissance pour ceux qui contribuent pourtant à la mise en valeur de la scène artistique nationale.

« Tu payes 10 000 F pour ton accréditation, et on te dit que tu n’as pas accès à certains espaces », témoigne un photographe, amer.

Selon plusieurs professionnels, certains organisateurs réserveraient les zones stratégiques à des photographes “full access”, sélectionnés sur des critères financiers ou relationnels.

Conséquence : les autres se retrouvent cantonnés à l’arrière-plan, sans liberté de mouvement, incapables de produire des images de qualité pour leurs médias ou leurs clients.

Le constat est partagé ; tant qu’il existera toujours un “bon petit” prêt à travailler pour moins cher, le respect du métier ne viendra pas.

Cette réalité fragilise la profession et banalise un savoir-faire qui exige talent, matériel coûteux et rigueur artistique.

Certains professionnels rappellent l’exemple du « fameux » anniversaire à 250 000 F de Jean Goun, qui avait provoqué l’indignation du milieu culturel. Grâce à la solidarité des acteurs, certains tarifs avaient fini par être reconnus et respectés.

Alors, pourquoi ne pas défendre avec la même détermination la cause des photographes et créateurs de contenu ?

Ironie du sort : ceux qui font briller les événements sont souvent les moins valorisés.

Peu invités, rarement rémunérés à leur juste valeur, de nombreux photographes et vidéastes doivent se battre pour exister, parfois en organisant leurs propres événements pour faire reconnaître leur talent.

Et pourtant, ils sont essentiels à l’écosystème culturel : sans eux, pas de mémoire, pas d’archives, pas de visibilité.

Au-delà du coup de gueule, le message est clair : le respect commence par soi-même.

« Prenez conscience de votre importance avant que les autres aient conscience de votre valeur », peut-on lire dans un post largement partagé sur les réseaux sociaux.

Car, comme le dit le proverbe africain : La plus belle femme donne ce qu’elle a de plus cher.

Il est donc temps de redonner à l’image, et à ceux qui la capturent, toute la dignité et la reconnaissance qu’ils méritent.

R.A

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