Union européenne : TikTok contraint de revoir une interface jugée « addictive »

La Commission européenne a officiellement demandé à TikTok de modifier certaines fonctionnalités de son application estimées trop « addictives » pour les utilisateurs en particulier les plus jeunes. Cette exigence s’inscrit dans le cadre du Digital Services Act (DSA), le nouveau règlement européen visant à mieux encadrer les grandes plateformes numériques.

Au cœur des critiques de Bruxelles figurent plusieurs éléments clés de l’interface de TikTok : le défilement infini des vidéos, la lecture automatique, les notifications répétées et un algorithme de recommandations ultra-personnalisé. Selon la Commission, ces mécanismes encourageraient une consommation excessive des contenus et pourraient avoir des effets négatifs sur la santé mentale, notamment chez les mineurs.

Cette mise en demeure fait suite à une enquête ouverte depuis 2024, portant sur la protection des utilisateurs, la prévention de l’addiction numérique et le respect des obligations imposées aux très grandes plateformes en ligne. L’Union européenne estime que TikTok n’aurait pas suffisamment pris de mesures pour limiter les risques liés à un usage prolongé et non contrôlé de son application.

Si les manquements sont confirmés et que TikTok ne se conforme pas aux exigences européennes ,le réseau social pourrait s’exposer à de lourdes sanctions financières pouvant aller jusqu’à 6 % de son chiffre d’affaires mondial. Parmi les pistes envisagées par les autorités figurent l’introduction de pauses obligatoires, une réduction de la personnalisation des contenus, un meilleur encadrement du temps d’écran et le renforcement des outils de contrôle parental.

De son côté, TikTok conteste les accusations. L’entreprise affirme déjà proposer des fonctionnalités destinées à protéger les utilisateurs, notamment des limites de temps et des paramètres dédiés aux adolescents. Le groupe estime que la Commission européenne adopte une lecture biaisée de son fonctionnement et entend défendre sa position.

Ce dossier marque une nouvelle étape dans la volonté de l’Union européenne de réguler plus les plateformes numériques , afin de concilier innovation technologique, protection des utilisateurs et responsabilité des plateformes.

Fatou KONÉ

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