C’est à la tribune des Organisation des Nations unies que le Ghana entend porter le débat. En mars prochain, Accra prévoit de soumettre à l’Assemblée générale une résolution visant à faire reconnaître la traite transatlantique des Africains réduits en esclavage comme « le plus grave crime contre l’humanité ».
L’initiative, qui prendra la forme d’une déclaration officielle, qualifie la traite négrière et l’asservissement fondé sur des critères raciaux de crime d’une gravité exceptionnelle. L’objectif affiché est d’obtenir une reconnaissance formelle au niveau international, inscrite dans le cadre du droit et de la mémoire collective mondiale.
L’annonce a été faite à Addis-Abeba par le président ghanéen John Dramani Mahama, à l’issue du sommet annuel de l’Union africaine. Selon lui, les consultations menées en amont avec plusieurs partenaires, ainsi que le soutien affiché par l’organisation panafricaine, renforcent les chances d’aboutir à un vote favorable.
Accra agit également en concertation avec les États de la Communauté caribéenne (Caricom), soulignant que la démarche dépasse la question d’éventuelles compensations financières. Pour les autorités ghanéennes, il s’agit прежде tout d’établir une reconnaissance claire de la portée historique et des conséquences durables de la traite.
Le Ghana estime que l’esclavage transatlantique et les systèmes d’asservissement racialisé ont profondément façonné l’ordre mondial moderne. Selon le gouvernement, leurs effets se manifestent encore aujourd’hui à travers des inégalités structurelles persistantes, des discriminations raciales et des écarts économiques durables.
Premier pays d’Afrique subsaharienne à accéder à l’indépendance en 1957, le Ghana abrite plusieurs lieux emblématiques de cette mémoire, dont le fort de Cape Coast, ancien comptoir majeur de la traite négrière inscrit au patrimoine mondial. Pour Accra, la reconnaissance internationale constituerait une étape symbolique et politique majeure vers la réaffirmation d’une vérité historique longtemps minimisée sur la scène mondiale.
Amy N’DIAYE