Près de 400 000 réservations déjà enregistrées, 750 visiteurs admis toutes les trente minutes, des centaines de bénévoles mobilisés : à Assise, l’affluence est exceptionnelle. Pour la première fois, les reliques de Saint François d’Assise sont exposées au grand public dans la Basilique Saint-François d’Assise, en Ombrie. Un événement rare qui bouleverse le rythme habituel de ce haut lieu de pèlerinage, où la fréquentation dépasse rarement 1 000 visiteurs par jour en semaine à cette période de l’année.
Dans l’église inférieure, devant l’autel, les ossements reposent sur un drap de soie blanc. Ils sont présentés dans une vitrine en plexiglas scellée, protégée par un caisson en verre pare-balles et anti-effraction. Une inscription en latin Corpus Sancti Francisci rappelle l’identité du saint. L’éclairage a été volontairement maintenu tamisé afin de préserver ces restes fragilisés par une vie d’ascèse et de privations.
Les responsables du couvent franciscain assurent que l’état de conservation demeure comparable à celui constaté lors de la reconnaissance officielle de 1978. La vitrine hermétique, vidée de son oxygène et remplie d’un gaz inerte, garantit des conditions stables et sécurisées. Jusqu’ici, les reliques étaient conservées dans la crypte et n’avaient été exposées qu’une seule fois, en 1978, devant un cercle restreint.
Décédé le 3 octobre 1226, le fondateur de l’ordre franciscain avait été inhumé dans la basilique en 1230. Sa tombe ne sera redécouverte qu’en 1818, à l’issue de fouilles menées dans la plus grande discrétion.
Né en 1182 dans une famille aisée, il avait renoncé à ses richesses pour embrasser une vie de pauvreté radicale, consacrée aux plus démunis et à la prédication d’un message de paix et d’harmonie avec la création. Son héritage spirituel continue d’inspirer des millions de fidèles à travers le monde, ainsi que le pape François, premier pontife à avoir choisi ce nom en référence au saint d’Assise.
Dans la basilique, l’émotion est palpable. Certains pèlerins s’agenouillent, d’autres font le signe de croix ou effleurent la châsse de verre dans un silence recueilli. Pour les franciscains, cette ostension exceptionnelle n’a qu’un objectif : maintenir vivant le message du « poverello » d’Assise, huit siècles après sa mort.
Amy N’DIAYE