À Danané, dans l’ouest ivoirien, Yoh Michel ne se contente pas d’endormir les patients avant une opération. Il tente de réveiller les consciences.
Anesthésiste et responsable de la clinique Zodo, il tire la sonnette d’alarme : conditions de travail éprouvantes, pénurie de matériel, isolement logistique… Dans ce contexte, assurer des soins de qualité devient un défi quotidien. « Parfois, un seul anesthésiste doit couvrir plusieurs salles d’opération. Ce n’est plus du dévouement, c’est de la survie », confie-t-il.
Il en appelle à l’État pour investir urgemment dans la santé en milieu rural, valoriser les soignants oubliés et garantir un accès équitable aux soins, partout sur le territoire.
Dans ce climat difficile, les Awards des Établissements Sanitaires de Côte d’Ivoire viennent raviver une lueur d’espoir. Pour Yoh Michel, ces récompenses redonnent de la force à ceux qui tiennent le système à bout de bras : « On se sent enfin vus. »
Son message est clair : la santé ne doit pas dépendre du lieu de résidence, mais être un droit réel pour tous.
Florence EDIE