Depuis le samedi 25 octobre 2025, les rires, les danses et les marionnettes se mêlent aux cris du quotidien dans la capitale burkinabé. Le festival international de théâtre et de marionnette de Ouagadougou (FITMO) et le festival nendez-vous chez nous, deux piliers de la scène artistique burkinabè, ont décidé cette année d’unir leurs forces pour célébrer, ensemble, la créativité, la solidarité et la résilience.
Sous les thèmes croisés « Arts, environnement et santé » et « se reconnecter », cette édition conjointe la 20ᵉ pour le FITMO et la 16ᵉ pour Rendez-vous chez Nous dépasse le simple cadre festif. Elle se présente comme un appel à renouer avec la nature, avec soi-même et avec les autres, dans un contexte où le pays cherche à respirer face aux crises multiformes.
« Le théâtre et les arts de rue sont les miroirs de nos sociétés, le souffle de nos imaginaires », explique le Dr Idrissa Zonon, représentant du ministre de la Culture, lors de la cérémonie d’ouverture au Musée national et à l’espace culturel Gambidi. Pour lui, ces formes artistiques incarnent une parole libre et populaire, capable de retisser le lien social mis à rude épreuve.
Mais au-delà des discours, le symbole est fort. Le FITMO, ancré dans les lieux de création institutionnels, et Rendez-vous chez nous, festival de rue et de proximité, ont choisi de s’unir. Une rencontre entre « l’intérieur » et « l’extérieur », selon les mots du Dr Amadou Mandé, président du FITMO.
« Ensemble, nous voulons créer un festival multidimensionnel, à la fois pour les artistes et pour les populations », souligne-t-il.
Cette alliance donne naissance à un programme éclectique. Notamment, théâtre, danse, arts plastiques, conte, cirque, marionnette, musique, mais aussi performances de rue.
Une trentaine de troupes venues d’Afrique, d’Europe et d’Amérique vont offrir une quarantaine de spectacles jusqu’au 30 octobre prochain. Quinze pays sont représentés, avec le Mali comme parrain et le Niger comme co-parrain, témoignant d’une fraternité culturelle régionale toujours vivante malgré les turbulences.
Et comme un clin d’œil à l’histoire, cette édition coïncide avec les 50 ans du Théâtre de la Fraternité, institution fondatrice du FITMO, qui continue de porter haut la flamme du théâtre engagé.
Dans les rues de Ouagadougou, l’art reprend donc sa place. Celle d’un langage universel, d’un outil de guérison et de résistance. Car ici, se reconnecter n’est pas qu’un thème de festival, c’est une urgence collective.
Ortis A