Près de trois décennies après sa mort, Fela Anikulapo Kuti continue de rayonner sur la scène musicale internationale. Le pionnier nigérian de l’afrobeat s’est vu décerner, samedi à Los Angeles, un Grammy Award à titre posthume récompensant l’ensemble de sa carrière. Il devient ainsi le premier artiste africain à recevoir cette distinction.
Dans la famille Kuti, cette reconnaissance a été accueillie avec fierté, mais sans surprise. « J’ai toujours considéré Fela comme l’égal des plus grands artistes de l’histoire de la musique », confie son petit-fils Made Kuti, musicien et figure montante de l’afrobeat. « Peu d’artistes peuvent se vanter d’avoir créé un style aussi audacieux qu’il est devenu un genre musical à part entière. »
Créateur de l’afrobeat dans les années 1970, Fela Kuti a fusionné rythmes traditionnels africains, jazz et funk pour donner naissance à une musique engagée, profondément ancrée dans les réalités sociales et politiques du Nigeria. Son influence dépasse aujourd’hui largement les frontières du continent africain.
Cette portée internationale a notamment conduit les Grammy Awards à introduire, en 2024, la catégorie Meilleure performance africaine, dominée par des artistes issus de la scène afrobeat.
« Son impact mondial montre à quel point cette musique est riche et complexe », souligne Made Kuti.
Décédé en 1997 à l’âge de 58 ans, Fela Kuti laisse un héritage toujours vivant, porté par ses fils Femi Kuti et Seun Kuti, ainsi que par son petit-fils Made. Selon ce dernier, bien que son grand-père n’ait jamais recherché la reconnaissance des institutions occidentales, il aurait accepté cette distinction, conscient de ce qu’elle représente pour la musique africaine.
Amy N’DIAYE