Carrousel 2026 : Quand les pagnes racontent la puissance créative de l’Afrique

Du 4 au 7 juin 2026, la 13e édition du Carrousel International de la mode a confirmé ce que plusieurs acteurs de la filière répétent depuis des années : le textile africain n’est plus seulement un héritage, il devient une force économique et culturelle exportable.
Sous le thème « Textiles africains : de l’héritage à la valeur mondiale », le festival a mis en lumière la diversité des savoir-faire locaux et la volonté des créateurs de réinventer les pagnes pour les inscrire sur les marchés internationaux.« L’idée, c’est que chaque participant fasse découvrir son textile au public et aux autres créateurs », explique Pascaline Kabré Turmel, fondatrice du Carrousel.


La présence de Marco, créateur congolais basé à Kinshasa, illustre cette dynamique. Sa collection, entièrement réalisée en tissus de la République démocratique du Congo notamment le kuba et le raphia revendique un ancrage local assumé.

« Pourquoi ne pas travailler les tissus que nous fabriquons nous‑mêmes ? », interroge‑t‑il, rappelant la valeur première des matières premières brutes et leur potentiel de transformation.

Venu du Cameroun, Tiny Tiknyemb propose, avec sa collection L’Unité, une réponse politique autant qu’esthétique : trois pagnes traditionnels Ekan, Togho, Ndop assemblés pour symboliser la cohésion d’un pays marqué par sa diversité ethnique. Son travail montre que le vêtement peut devenir outil de narration et d’unité nationale.

Au fil de ses treize éditions, le Carrousel a transformé Pointe‑Noire en plaque tournante régionale de la création. Le rendez‑vous attire aujourd’hui non seulement des stylistes, mais aussi des tisserands, des producteurs et des acheteurs, créant des opportunités économiques concrètes pour des filières souvent marginalisées.

En filigrane, le défi demeure : professionnaliser la production, sécuriser les filières d’approvisionnement et construire des passerelles vers l’export. Les échanges et les commandes observés pendant le festival laissent toutefois entrevoir une trajectoire encourageante pour le textile africain, prêt à franchir de nouveaux marchés sans renier son ancrage culturel.

Pointe‑Noire se prépare déjà à remettre le couvert. La date est prise pour le début juin 2027, et la capitale économique du Congo espère consolider son statut de capitale créative d’Afrique centrale.

Ortis. A

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *