À Sassandra, la lutte contre les effets du changement climatique ne se joue pas uniquement dans les bureaux des institutions, à Sassandra. Elle se mène aussi au quotidien, au plus près des populations, à travers les ondes de la radio Assah’di. Avec l’appui de radios rurales internationales (RRI), la station locale entend renforcer la sensibilisation et surtout faire émerger des solutions adaptées aux réalités des communautés.
La radio peut-elle contribuer à changer les comportements face aux défis environnementaux ? La réponse semble de plus en plus évidente dans cette localité. Depuis plusieurs mois, la radio locale Assah’di et radios rurales internationales (RRI) misent sur les émissions interactives pour rapprocher les questions climatiques des préoccupations quotidiennes des populations.
Cette dynamique était au cœur d’un atelier d’évaluation organisé le jeudi 27 août 2026, à Sassandra. La rencontre a permis aux différents acteurs de faire le bilan des actions menées, mais surtout de réfléchir aux moyens de donner davantage d’impact à cette collaboration.
Pour le conseil régional du Gbôklè, ce partenariat mérite d’être poursuivi et renforcé. Représentant le président de la collectivité, Mahamadou Kébé, la cheffe du service communication, Rose Lydie Begro, a insisté sur l’importance d’une mobilisation collective face aux défis environnementaux.
« Gbôklè Vert », l’initiative portée par le conseil régional, constitue notamment l’un des cadres dans lesquels cette collaboration trouve tout son sens. Protection de l’environnement, préservation des ressources naturelles et adaptation aux effets du changement climatique figurent parmi les priorités affichées.
Mais au-delà des projets institutionnels, reste une question essentielle. Comment faire parvenir ces messages jusqu’aux populations et surtout les amener à participer ? C’est précisément sur ce terrain que la radio communautaire entend jouer sa partition.
Donner la parole aux communautés
Avec les « Dialogues à l’antenne » (DAA), les auditeurs ne sont plus seulement destinataires de messages de sensibilisation. Ils deviennent des interlocuteurs capables de raconter leurs expériences, de soulever les difficultés rencontrées et de proposer eux-mêmes des pistes de solutions.
Le gestionnaire des innovations numériques de RRI, André Assi, a présenté les résultats de ces émissions interactives. Les échanges avec les auditeurs ont permis de recueillir des contributions et de mieux comprendre les réalités auxquelles les communautés sont confrontées.
Cette approche donne une autre dimension à la sensibilisation environnementale. Elle permet de partir des problèmes vécus sur le terrain pour rechercher des réponses qui tiennent compte des réalités locales.
« Une solution climatique ne peut être efficace si elle reste éloignée de ceux qui doivent la mettre en pratique », semble résumer la philosophie de cette démarche.
Du message à l’action
Pour RRI, l’enjeu est donc de dépasser la simple diffusion d’informations. Le partenariat avec Assah’di vise à faire de la radio un espace de dialogue, d’apprentissage et de mobilisation autour des questions environnementales.
Le gestionnaire des projets pays de RRI, Yoro Sangaré, a présenté le contexte du projet « Solutions fondées sur la Nature (SFN) inclusives du genre », ses objectifs et les principales activités réalisées.
L’atelier a également permis de revenir sur les expériences enregistrées et d’identifier les points à améliorer. Des travaux de groupes ont ainsi donné la possibilité aux participants de formuler des propositions pour renforcer les interventions.
Les conclusions issues de ces travaux ont ensuite été discutées en plénière, dans une volonté de faire évoluer les actions en fonction des réalités observées sur le terrain.
La radio, un acteur de la résilience
À travers cette collaboration, Assah’di et RRI veulent surtout faire des populations des acteurs de leur propre résilience.
Dans une région confrontée, comme d’autres territoires ivoiriens, aux conséquences des changements climatiques et aux pressions exercées sur les ressources naturelles, les radios communautaires disposent d’un atout majeur : leur proximité avec les communautés.
Le conseil régional du Gbôklè entend ainsi s’appuyer davantage sur cette force de proximité pour accompagner ses initiatives environnementales.
L’enjeu désormais est de transformer les acquis du partenariat en actions durables, capables de susciter des changements de comportements et de renforcer la participation citoyenne.
À Sassandra, les ondes ne servent donc plus seulement à informer. Elles deviennent progressivement un espace où se discutent les problèmes du territoire, où s’expriment les communautés et où peuvent naître des solutions pour mieux faire face au climat de demain.
Isaya . E