Lutte contre le cancer du sein / M’Brimbo : 236 femmes dépistées

Dans la commune de Tiassalé, la prévention du cancer du sein s’est invitée le samedi 3 octobre 2026, dans le village de M’Brimbo. 236 femmes ont bénéficié gratuitement d’un dépistage, à l’initiative de l’ong ‘’Cœur Glorieux’’. Une action de proximité inscrite dans le programme 2026 de l’organisation et menée à l’occasion d’Octobre Rose.

À M’Brimbo, le dépistage n’a pas attendu que les femmes se rendent dans un centre de santé. Il est venu à elles. Toute la journée du samedi 3 octobre 2026, 236 femmes ont pu bénéficier d’un dépistage gratuit du cancer du sein, dans le cadre d’une activité portée par l’ong ‘’Cœur Glorieux’’.

L’initiative, organisée à l’occasion d’Octobre Rose, s’inscrit dans le programme d’activités 2026 de l’organisation présidée par Liliane Kpazara. Pour la présidente fondatrice, l’enjeu dépasse la seule mobilisation du mois d’octobre. Il s’agit d’installer progressivement le dépistage dans les habitudes.

« Notre objectif est de sensibiliser au dépistage et de briser les tabous autour de cette maladie », explique-t-elle.

Dans de nombreuses communautés, la peur du diagnostic, les idées reçues ou encore l’éloignement des structures sanitaires peuvent retarder une consultation.

‘’Aller directement dans les villages permet donc de lever, au moins en partie, ces obstacles et d’offrir aux femmes un premier contact avec le dépistage’’ ajoute-t-elle.

Le message porté dans le village par cette organisation est simple : ne pas attendre l’apparition de symptômes pour s’intéresser à sa santé. Une anomalie au niveau du sein, une masse, une modification inhabituelle de la peau ou de la forme du sein, un écoulement ou tout autre changement doit conduire à consulter rapidement un professionnel de santé.

Pour le Dr Armand Séa, médecin-chef du service Action sanitaire (CSAS) à la direction départementale de la santé de Tiassalé, représentant le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, les initiatives communautaires contribuent justement à renforcer cette culture de prévention.

La lutte contre le cancer du sein, souligne-t-il, ne peut être réduite à une campagne annuelle.  Elle doit s’inscrire dans une démarche continue, avec une implication des familles et des communautés.

Il insiste également sur la nécessité de consulter devant toute modification inhabituelle du sein. Il recommande de ne pas recourir à l’automédication ou aux traitements traditionnels avant d’avoir obtenu un avis médical.

« Il faut éviter les médicaments traditionnels et consulter un professionnel de la santé dès qu’on constate une anomalie au niveau du sein », conseille-t-il.

L’autosurveillance peut aider une femme à mieux connaître son corps et à repérer un changement inhabituel. Elle ne remplace toutefois ni l’examen clinique ni les examens d’imagerie lorsqu’ils sont indiqués par un professionnel de santé.

Notons qu’en Côte d’Ivoire, le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent chez la femme. Selon les estimations de GLOBOCAN 2022, 3 869 nouveaux cas et 2 092 décès liés à cette maladie ont été enregistrés dans le pays.

Présent, le chef du village de M’Brimbo, Étienne Kadjo Kassi, ne cache pas sa satisfaction de voir une telle initiative se tenir dans sa localité. Pour lui, la santé des femmes ne concerne pas seulement les femmes. Elle engage toute la communauté.

« Nous sommes heureux d’accueillir cette initiative dans notre village. Elle permet à nos femmes d’avoir accès au dépistage sans avoir à parcourir de longues distances. Nous les encourageons à ne pas avoir peur et surtout à ne pas attendre d’être malades avant de consulter », affirme-t-il.

Le chef du village a également souhaité voir ces actions se poursuivre à M’Brimbo et dans les localités environnantes.

Pour l’ong ‘’Cœur Glorieux’’, cette étape constitue l’une des concrétisations de son programme 2026. L’organisation entend poursuivre ses actions sociales et sanitaires au contact direct des populations.

À M’Brimbo, les 236 femmes dépistées donnent ainsi une traduction concrète à cette démarche : rapprocher la prévention des lieux de vie et faire du dépistage un acte de santé ordinaire, plutôt qu’une démarche entreprise seulement lorsque la maladie est déjà installée.

Cette version évite notamment de répéter plusieurs fois les 236 femmes, le programme 2026, le rôle d’Octobre Rose et l’objectif du dépistage, tout en donnant davantage de place aux acteurs de terrain et au message du chef du village.

Florence EDIE

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