Leadership féminin : 17 femmes africaines partagent les leçons de leur vie avec la jeune génération

Lancé officiellement le samedi10 octobre 2026, à Dakar, au Sénégal, l’ouvrage « A Letter to My Younger Self », préfacé par la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, rassemble les témoignages de 17 femmes africaines. Portée par Aïda Diouf, cette initiative panafricaine ambitionne de renforcer la confiance des jeunes filles en leur avenir, avec la distribution gratuite de 10 000 exemplaires dans plus de dix pays du continent.

Que diraient les femmes qui ont marqué leur époque à la jeune fille qu’elles étaient avant de connaître le succès ? Quels conseils lui donneraient-elles face aux hésitations, aux obstacles et aux choix qui jalonnent une vie ? C’est autour de ces interrogations que s’articule A Letter to My Younger Self, un ouvrage qui fait de l’expérience personnelle un moyen de transmission entre générations.

Le livre a été officiellement présenté le samedi10 octobre 2026, à Dakar. À l’initiative du projet, Aïda Diouf, directrice exécutive Afrique du groupe Camusat et membre de la promotion 2026 des Young Global Leaders du Forum économique mondial, entend mettre les expériences de femmes aux parcours accomplis à la portée des jeunes générations.

Le principe est simple : chacune des 17 contributrices adresse une lettre à celle qu’elle était plus jeune. L’exercice leur permet de revenir sur les étapes décisives de leur existence, les difficultés rencontrées et les enseignements qu’elles ont tirés de leurs expériences. Derrière les réussites professionnelles et les engagements publics, les témoignages donnent également à voir les doutes et les remises en question qui accompagnent les trajectoires.

Des femmes aux horizons multiples

La richesse de cette publication repose sur la diversité des profils réunis. Issues de 12 nationalités, les contributrices représentent des domaines aussi différents que la finance, les nouvelles technologies, le sport, la culture, les médias, la gastronomie, l’entrepreneuriat et la défense des droits humains.

Parmi les personnalités figurent Jocelyne Muhutu-Remy, directrice générale de Spotify pour l’Afrique subsaharienne, Aminata Kane, vice-présidente senior et Group Country Manager de Visa pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, ainsi que Claude Borna, directrice générale de Sèmè City, au Bénin.

Le sport est notamment représenté par la Tunisienne Ons Jabeur, ancienne numéro 2 mondiale du tennis et première femme arabe et africaine à avoir atteint la finale d’un tournoi du Grand Chelem. La publication accueille également Miriem Bensalah Chaqroun, dirigeante marocaine du secteur des eaux minérales, la chorégraphe sénégalaise Germaine Acogny, la militante congolaise Julienne Lusenge et l’écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal.

La Côte d’Ivoire y est représentée par Sefora Kodjo, engagée dans la promotion du leadership féminin.

Cette diversité permet de dépasser une conception unique de la réussite. Les parcours présentés montrent que les chemins vers l’accomplissement sont multiples et qu’ils ne se construisent pas tous selon les mêmes règles. Ils mettent également en évidence le rôle de la persévérance, de la capacité à surmonter les épreuves et de la confiance en ses propres possibilités.

Briser la distance entre les modèles et les jeunes filles

Préfacé par Angélique Kidjo, l’ouvrage accorde une place importante à la parole personnelle. En racontant leurs expériences à la première personne, les contributrices ne se limitent pas à présenter leurs accomplissements. Elles partagent aussi les enseignements qu’elles auraient souhaité recevoir plus tôt.

La démarche vise à rapprocher ces femmes de celles qui s’interrogent encore sur leur avenir. Elle rappelle que les personnalités admirées aujourd’hui ont, elles aussi, connu des périodes d’incertitude et des moments où il a fallu faire des choix difficiles.

Dans sa préface, Angélique Kidjo salue le courage des participantes, notamment leur volonté de se raconter avec sincérité et de revenir sur les moments de doute qui ont jalonné leur vie.

Pour Aïda Diouf, l’enjeu dépasse toutefois la publication d’un livre.

 « Ce livre est une étape, pas une fin en soi. Notre ambition est que ces mots circulent, qu’ils atteignent des jeunes filles qui en ont besoin et qu’ils puissent ouvrir un possible, déclencher une conversation ou changer une trajectoire », explique-t-elle.

L’ambition est ainsi de faire de ces témoignages des ressources accessibles, capables d’alimenter la réflexion des jeunes filles sur leurs aspirations, leurs choix et la place qu’elles souhaitent occuper dans la société.

Une première étape au Sénégal, avant la Côte d’Ivoire

Le lycée John F. Kennedy de Dakar a accueilli la première opération de distribution annoncée dans le cadre du projet. Cinquante élèves de cet établissement féminin doivent recevoir gratuitement un exemplaire du livre, dans le cadre d’une rencontre consacrée à la lecture et aux échanges.

Le choix de ce lycée fait écho à l’histoire de ses majorettes, qui participent depuis 1975 au défilé de la fête de l’Indépendance du Sénégal. Cette tradition est liée à une initiative du tambour-major Doudou Ndiaye Rose et de la chorégraphe Germaine Acogny, elle-même contributrice de l’ouvrage.

La rencontre prend ainsi une dimension symbolique : celle de femmes qui transmettent leur expérience à des jeunes filles appelées à construire leur propre parcours.

Cette première opération s’inscrit dans un programme plus vaste. L’initiative A Letter to My Younger Self (ALTMYS) prévoit la distribution gratuite de 10 000 exemplaires dans plus de dix pays africains. Le Sénégal, le Maroc et la Côte d’Ivoire figurent parmi les premiers pays ciblés, avant un élargissement progressif en fonction des partenariats établis.

Pour assurer cette diffusion, le projet entend collaborer avec des universités, des bibliothèques, des associations, des ONG ainsi que des partenaires publics et privés. Plusieurs structures apportent déjà leur concours, notamment la maison d’édition La Croisée des Chemins, HEC Paris Executive Education, les organisations Shine to Lead et Les Cultur’Elles, l’illustratrice nigériane Renike et le partenaire logistique PAPS.

Porté par une association à but non lucratif, le projet prévoit par ailleurs de reverser à ALTMYS les bénéfices tirés de la vente du livre en librairie. Les ressources ainsi mobilisées doivent contribuer au financement des distributions gratuites et des activités de terrain.

Au-delà de sa dimension éditoriale, A Letter to My Younger Self mise sur la circulation des expériences pour rapprocher les générations. En donnant à lire les confidences de femmes issues de milieux et de secteurs différents, l’initiative entend rappeler aux jeunes filles qu’il n’existe pas de parcours tout tracé et que les obstacles rencontrés ne déterminent pas nécessairement la suite d’une vie.

Ortis. A

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