Le samedi 17 octobre 2026, à Minankro (Bouaké), la parole médicale est entrée dans un lieu de prière. Au camp ‘’Canaan’’, les fidèles réunis sous la conduite du pasteur Aaron ont écouté, pendant une séance de sensibilisation, ce que beaucoup connaissent seulement de nom : la tuberculose.
L’activité a été organisée par le centre antituberculeux (CAT) de Bouaké, avec la participation d’agents de santé communautaires et du chargé de communication du District sanitaire de Bouaké Nord-Ouest. À la tête de l’équipe, le Dr Dramane Coulibaly, médecin-chef du CAT, a pris le temps de parler aux participants avec des mots simples, loin du jargon médical.
Une maladie qu’on peut soigner
Toux qui dure, fièvre, sueurs nocturnes, amaigrissement, fatigue inhabituelle. Le médecin-chef a rappelé que ces signes ne doivent jamais être banalisés. Surtout lorsqu’une toux persiste au-delà de deux semaines. Dans ce cas, a-t-il expliqué, il faut se rendre rapidement dans une formation sanitaire pour un dépistage.
Le message central était clair : la tuberculose se transmet, mais elle se guérit. Encore faut-il être dépisté à temps et suivre le traitement jusqu’au bout. Le Dr Coulibaly a insisté sur l’observance thérapeutique, c’est-à-dire la prise régulière et complète des médicaments. Interrompre le traitement trop tôt, a-t-il averti, peut favoriser la résistance aux médicaments et rendre la maladie plus difficile à soigner.
La gratuité pour lever les craintes
Face aux inquiétudes souvent liées au coût des soins, l’équipe du CAT a rassuré les fidèles : le dépistage, le traitement et les médicaments antituberculeux sont gratuits. Une information essentielle pour encourager ceux qui hésitent encore à consulter.
La rencontre a également permis de briser certaines idées reçues. Les participants ont été informés sur les modes de transmission de la maladie et sur l’importance de ne pas stigmatiser les personnes malades. Car derrière la tuberculose, il y a souvent la peur du regard des autres, qui retarde la consultation et fragilise le traitement.
La communauté comme relais
En choisissant le camp de prière ‘’Canaan’’, le CAT de Bouaké mise sur un relais de confiance. Les lieux religieux touchent des personnes que les messages de santé ne rejoignent pas toujours facilement. Le pasteur Aaron et les fidèles sont ainsi invités à devenir des ambassadeurs du dépistage dans leurs familles et leur entourage.
Pour les agents de santé communautaires présents, l’enjeu ne s’arrête pas à cette rencontre. Il faudra suivre, orienter, rassurer et ramener vers les structures de soins les personnes présentant des signes évocateurs. Parce que, dans la lutte contre la tuberculose, chaque toux longue mérite d’être prise au sérieux.
Ortis. A avec le District sanitaire de Bouaké Nord-Ouest.