Ange Koffa (Cheffe d’entreprise, écrivaine, prédicatrice) : Une femme aux multiples éclats

Ange Christelle Koffa Okou est une femme ivoirienne aux multiples casquettes. Styliste de talent et cheffe d’entreprise accomplie, elle se distingue également par son engagement social et spirituel. Titulaire de plusieurs certifications en coaching politique, en droit de la femme, en droit de l’enfant, ainsi qu’en génie et inclusion sociale, elle incarne une figure inspirante de leadership féminin. Prédicatrice à l’Église Méthodiste Unie de Côte d’Ivoire, elle est aussi une mère dévouée de trois filles. Engagée en faveur des femmes, elle fonde la Fondation Mère Seule et Brave, à laquelle s’ajoutent l’Académie Mère Seule et Brave et l’événement annuel “Metanoïa Mère Seule et Brave”, qu’elle promeut avec passion. Femme d’action et d’innovation, elle est également détentrice d’une marque de jus naturels, preuve de son esprit entrepreneurial et de sa volonté de valoriser les produits locaux.

Qu’est-ce que les gens ignorent souvent de vous ?

Beaucoup ignorent qu’en plus d’être cheffe d’entreprise, je suis également prédicatrice à l’Église Méthodiste Unie de Côte d’Ivoire. Cet engagement spirituel est devenu, au fil du temps, un pilier essentiel de mon équilibre de vie.

Depuis mon enfance, j’ai ressenti un appel de Dieu. Il se manifestait à travers des songes, des visions… et surtout, le Seigneur me parlait en songe. Pourtant, pendant longtemps, j’ai refusé cet appel. Je me voyais femme d’affaires accomplie, promotrice de spectacles, de mode mais pas servante de Dieu. Sincèrement, je ne m’imaginais pas dans ce rôle. Et puis, avec toutes les épreuves que je traversais, je me disais : « Mais qui va croire que j’ai un appel divin ? »

Je me laissais guider par le regard des autres, en étouffant ce que je ressentais profondément au fond de moi. Un jour, alors que je priais dans une cellule, un serviteur de Dieu m’a interpellée : « Tu sais qu’il y a un appel sur ta vie, pourquoi tu tardes ? » Ces paroles ont résonné en moi. J’ai alors essayé de m’engager dans l’œuvre, mais j’ai fini par abandonner. Et chaque fois que je tournais le dos à l’appel de Dieu, tout semblait se désorganiser dans ma vie.

C’est là que j’ai compris que cet appel venait réellement de Dieu. Il avait besoin de sa fille pour le servir. Lorsque j’ai décidé de me recentrer pleinement sur lui et sur l’œuvre, Il a commencé à me restaurer, dans tous les domaines. J’ai compris que lorsqu’on répond à Dieu, il nous équipe, nous fortifie et nous honore.

Aujourd’hui, je suis en paix avec ma mission. Chaque rencontre avec un homme ou une femme de Dieu confirme cet appel. Servir Dieu fait désormais partie intégrante de mon identité.

Quelle est la plus grande leçon que la vie vous ait apprise jusqu’ici ?

La vie m’a appris que tout est éphémère. Rien n’est acquis, tout dépend de la grâce de Dieu. C’est cette conscience qui m’ancre, me pousse à rester humble et reconnaissante.

Comment gérez-vous les moments de doute ou de découragement ?

Je m’en remets à la prière. Elle est mon refuge, mon moteur, ma force silencieuse dans les tempêtes.

Quelle est votre plus grande fierté en tant que femme ?

Ma plus grande fierté, ce sont mes enfants, mais aussi toutes les épreuves que j’ai réussi à surmonter, la tête haute. Elles m’ont forgée, affinée et rendue plus forte.

Avez-vous un rituel bien-être ou beauté incontournable ?

Oui. Faire du sport, me nourrir sainement, refuser l’alcool, le tabac, et la dépigmentation. Mon bien-être passe par une hygiène de vie simple et naturelle.

D’où tirez-vous votre inspiration, que ce soit pour vos créations ou vos textes ?

Tout vient de Dieu. C’est un don que je reçois avec humilité, et que je m’efforce de nourrir par l’observation, la prière et l’écoute du monde.

La créativité, pour vous, est-elle un don, un travail ou un état d’esprit ?

Pour moi, c’est un subtil mélange : un don divin, qui doit être entretenu par le travail et porté par un état d’esprit ouvert à l’inspiration.

Quel personnage ou univers aimeriez-vous un jour écrire ou représenter à travers la mode ?

Ma marraine Angybell. Elle incarne une force, une grâce et une audace qui méritent d’être traduites en mots comme en tissus.

Comment définissez-vous votre style personnel, en dehors des podiums ?

Je dirais : la simplicité élégante. J’aime rester sobre tout en valorisant la féminité et le raffinement.

Que pensez-vous de l’évolution de la place de la femme dans les métiers créatifs ?

La femme a su, au fil du temps, s’imposer dans les métiers créatifs, en bousculant les codes, en affirmant sa sensibilité et en imposant sa vision du monde. Que ce soit dans la mode, la publicité, le design, la photographie, la littérature ou les arts visuels, elle a su démontrer que sa créativité n’a rien à envier à celle de ses homologues masculins. Mais malgré ces avancées notables, il reste encore des murs à briser.

…Parce que dans bien des sphères créatives, les femmes continuent d’être sous-représentées dans les postes de direction, invisibilisées dans les jurys, ou encore cantonnées à des rôles dits “féminins”. Il est temps qu’elles prennent pleinement leur place, sans avoir à se justifier, ni à prouver leur légitimité à chaque étape. Leur présence est une richesse, leur regard une force, et leur voix une nécessité pour faire évoluer les narratifs et les esthétiques vers plus de diversité et d’inclusion.

Être belle, intelligente et ambitieuse : est-ce encore un défi à assumer dans notre société ?

Oui, malheureusement. Mais c’est un défi que nous devons relever avec fierté, pour nous-mêmes et pour les générations futures.

Quel combat féminin vous tient particulièrement à cœur ?

Le combat qui me tient particulièrement à cœur est celui contre le regard injuste et stigmatisant porté sur les mères seules. Trop souvent, ces femmes sont jugées à travers le prisme du préjugé, comme si leur situation résumait leur valeur ou leurs choix. Pourtant, être mère seule, c’est souvent faire preuve d’un courage extraordinaire, d’une force silencieuse et d’un amour inébranlable.

Elles jonglent entre responsabilités, sacrifices, pression sociale et attentes démesurées, tout en tentant d’offrir un avenir meilleur à leurs enfants. Elles n’ont pas besoin de pitié, encore moins de condamnation, mais bien de respect, de reconnaissance et de soutien concret. Car derrière chaque mère seule, il y a une femme debout, digne, qui se bat chaque jour pour deux.

Pensez-vous que la mode peut avoir une dimension militante ou engagée ?

Absolument. La mode peut être un langage, un manifeste, un cri. Elle peut dénoncer, revendiquer et inspirer.

Le combat qui me tient particulièrement à cœur est celui contre le regard injuste et stigmatisant porté sur les mères seules. Trop souvent, ces femmes sont jugées à travers le prisme du préjugé, comme si leur situation résumait leur valeur ou leurs choix. Pourtant, être mère seule, c’est souvent faire preuve d’un courage extraordinaire, d’une force silencieuse et d’un amour inébranlable.

Elles jonglent entre responsabilités, sacrifices, pression sociale et attentes démesurées, tout en tentant d’offrir un avenir meilleur à leurs enfants. Elles n’ont pas besoin de pitié, encore moins de condamnation, mais bien de respect, de reconnaissance et de soutien concret. Car derrière chaque mère seule, il y a une femme debout, digne, qui se bat chaque jour pour deux.

Quel a été votre plus grand défi entrepreneurial ?

Collaborer avec un grand groupe hôtelier de la place. C’était un vrai challenge professionnel, mais aussi une belle réussite et une reconnaissance de mon sérieux.

Préférez-vous les coulisses ou la lumière ?

Les coulisses, sans hésiter. C’est dans l’ombre que naît la lumière. C’est là que se tissent les idées, que se construisent les récits, que s’exprime la vraie passion, sans artifice. J’aime ce moment brut, authentique, où le travail prend forme, où l’on doute, où l’on crée, où l’on donne le meilleur de soi sans chercher la reconnaissance immédiate.

Les coulisses, c’est l’envers du décor, souvent invisible mais essentiel. C’est là que je me sens à ma place, utile, en connexion avec l’essence même de mon métier. La lumière peut être éphémère ; les coulisses, elles, sont le cœur battant de toute réalisation.

Si vous deviez choisir entre la mode et l’écriture, que garderiez-vous ? Pourquoi ?

Je ne peux choisir. La mode, c’est mon identité, mon expression visible. L’écriture, c’est ma voix intérieure, une forme de résilience et de renaissance. Elles se complètent.

Quel message livrez-vous à vos jeunes sœurs qui rêvent de faire comme vous ?

Accrochez-vous à votre foi, soyez ancrées spirituellement. Priez, travaillez dur, soyez patientes, persévérantes, organisées et surtout courageuses. La réussite est un chemin de foi et de discipline.

Que pensez-vous de l’avenir de la mode aujourd’hui ?

Nous devons valoriser nos matières premières locales pour bâtir une mode authentique, concurrentielle et porteuse de notre identité culturelle.

Quel est votre modèle, que ce soit dans la mode ou dans l’écriture ?

Angybell. Elle est pour moi une muse, une femme d’exception.

Qu’est-ce qui vous a inspirée à écrire Femme seule et brave ?

C’est un récit très personnel, mais aussi un hommage à toutes les femmes fortes qui, dans l’ombre, luttent, tombent et se relèvent.

Quel message principal souhaitez-vous transmettre aux femmes qui traversent des périodes de solitude ou d’épreuves ?

La solitude n’est pas une fin en soi, c’est souvent un passage. Dieu est toujours avec nous, même dans les silences. Il faut garder espoir, chercher le sens et continuer d’avancer.

Quelles ont été les réactions les plus marquantes après la publication du livre ? A-t-il changé quelque chose en vous ou autour de vous ?

Autour de moi, on a découvert une autre facette de moi : l’écrivaine. Pour moi, cela a renforcé ma confiance en moi, mais surtout m’a permis de faire la paix avec mon passé. Ce livre m’a libérée.

Interview réalisée par Florence EDIE

Digest

Née le 24 avril 1982 à Abobo

Parcours : Prédicatrice, styliste-modéliste, cheffe d’entreprise, coach bien-être familial, fondatrice de la marque de jus naturels Oka Juice

Ce qu’elle aime : apprendre et se former

Ce qu’elle déteste : le stress et la pression

Son rêve d’enfant (hors mode et littérature) : devenir pasteure

Animal préféré : les oiseaux, pour leur liberté et leur capacité à s’élever

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