Longtemps désignée sous le terme aujourd’hui désuet de « frigidité », la dysfonction sexuelle féminine regroupe un ensemble de troubles qui touchent la vie intime de nombreuses femmes, souvent dans le silence et la culpabilité. Qu’il s’agisse d’un manque de désir, de douleurs pendant les rapports ou de difficultés à atteindre l’orgasme, ces troubles ne sont pas une fatalité. Avec une approche globale et des conseils avisés, notamment d’un sexologue clinicien, il est possible de renouer avec une sexualité épanouie, individuelle et partagée.
Comprendre les dysfonctions sexuelles féminines
La dysfonction sexuelle féminine désigne une difficulté persistante ou récurrente à vivre une sexualité satisfaisante. Elle peut se manifester de différentes manières :
Trouble du désir sexuel hypoactif : perte ou baisse marquée de l’intérêt sexuel.
Trouble de l’excitation : incapacité à atteindre ou maintenir une excitation suffisante.
Anorgasmie : absence ou rareté d’orgasmes malgré une stimulation adaptée.
Dyspareunie : douleurs lors des rapports sexuels.
Vaginisme : contraction involontaire des muscles vaginaux empêchant la pénétration.
Les causes peuvent être multiples : psychologiques (stress, traumatismes, fatigue), relationnelles, hormonales (ménopause, post-partum) ou encore physiologiques.
Selon Jean-Philippe, sexologue clinicien, il est essentiel de reprendre contact avec son corps, sans pression de performance.
« Je conseille à mes patientes de s’allonger nues de temps en temps, de redécouvrir leur corps sans aller directement aux parties intimes. Utiliser une plume, les mains, explorer les zones de frissons ou d’inconfort. Cela permet de se réapproprier son corps, de comprendre ce qui fait du bien, ce qui dérange, et d’observer le regard que l’on porte sur soi. »
Cette exploration sensorielle permet non seulement de mieux connaître ses désirs, mais aussi d’en parler avec plus de clarté à son ou sa partenaire.
Mieux communiquer pour mieux s’aimer
La communication au sein du couple est essentielle pour dépasser ces difficultés. Parler ouvertement de ses ressentis, sans jugement, crée un espace de confiance propice à l’écoute et à l’ajustement. Il ne s’agit pas d’accuser, mais de partager.
« Faites des câlins sans viser la pénétration. Redonnez du sens aux gestes tendres, à la complicité. Le sexe n’est pas toujours un objectif, mais une danse qui commence bien avant le lit. », précise le sexologue.
Périnée et plaisir : un lien souvent négligé
Le périnée joue un rôle majeur dans les sensations sexuelles. Or, il est mis à rude épreuve tout au long de la vie : menstruations, accouchements, vieillissement…
« Une rééducation périnéale, après un accouchement ou même à tout âge, peut améliorer les sensations, renforcer les orgasmes et redonner confiance dans l’acte sexuel », explique-t-il.
Des exercices simples, souvent guidés par une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé, permettent de renforcer cette zone et d’en retrouver la conscience.
Enfin, lorsque les blocages sont plus profonds, la thérapie sexuelle, en individuel ou en couple, peut être une démarche libératrice. Elle permet de revisiter son histoire, de déconstruire certains tabous ou traumatismes, et d’ouvrir de nouvelles portes.
« La thérapie de couple aide à reconstruire l’intimité et la complicité, tandis que la thérapie individuelle permet de rétablir un lien sain avec sa sexualité », conclut le sexologue.
En résumé, la sexualité féminine ne se résume pas à une mécanique ou une norme. Elle est intimement liée à l’estime de soi, au vécu, aux émotions et à la relation. En s’informant, en se reconnectant à son corps et en sollicitant un accompagnement bienveillant, il est possible de transformer les obstacles en chemins vers un plaisir retrouvé.
Florence EDIE