Désinformation : les journalistes en formation pour préserver la démocratie

Face à la montée des fausses nouvelles, la CEDEAO et l’UNJCI outillent les professionnels des médias pour garantir une information fiable et responsable.

 L’information est devenue une arme à double tranchant. Entre infox, manipulations numériques et discours de haine, les journalistes ivoiriens sont appelés à jouer un rôle de bouclier pour la démocratie. 

C’est dans ce contexte que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), en partenariat avec l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), a organisé un atelier de formation sur l’intégrité de l’information et la lutte contre la désinformation, les 13 et 14 mai derniers, à la permanence de la CEDEAO à Cocody.

L’objectif était clair : renforcer les compétences des journalistes face aux dérives informationnelles, particulièrement préoccupantes en période électorale.

Près d’une quarantaine de journalistes issus de la presse écrite, audiovisuelle et en ligne ont pris part à cette session intensive.

« La désinformation sape les fondements de nos démocraties, fragilise la cohésion sociale, alimente les discours de haine et nuit à la crédibilité de notre métier », indiqué  Jean-Claude Coulibaly, président de l’UNJCI, appelant les journalistes à faire preuve de rigueur, d’esprit critique et de responsabilité.

Durant deux jours, les participants ont été initiés aux techniques de vérification de l’information, à travers des exercices pratiques et des apports méthodologiques. 

Les formateurs, Mohamed Kébé et Gédéon Essoh, spécialistes du fact-checking, ont abordé des thématiques variées : distinction entre mésinformation, désinformation et mal-information, vérification des contenus visuels, audio et web, utilisation d’outils comme InVID, Meta Content Library ou Meltwater.

L’atelier a aussi insisté sur l’éthique journalistique, la transparence dans le traitement de l’information, ainsi que la sécurité numérique, devenus essentiels dans un environnement médiatique de plus en plus exposé aux manipulations.

Pour Fanta Cissé, représentante résidente de la CEDEAO, cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale .

« La lutte contre la désinformation est un impératif. Il en va de la paix, de la stabilité et de la cohésion de nos sociétés. » .

Elle a exhorté les journalistes à s’approprier les outils de vérification et à travailler en réseau.

Même son de cloche du côté de Dr. Maya Schmaljohann, cheffe de coopération à l’Ambassade d’Allemagne en Côte d’Ivoire, partenaire clé de l’initiative.

« Nous ne pouvons pas céder nos espaces virtuels à ceux qui propagent la peur. »

À l’issue de la formation, les participants ont formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles la création d’un réseau de journalistes fact-checkers en Côte d’Ivoire. Cette structure aurait pour mission de renforcer la collaboration entre professionnels des médias et institutions, afin de mieux faire face aux défis liés à la véracité de l’information.

Dans un contexte où l’opinion publique est constamment exposée à des flux d’informations souvent biaisés ou fabriqués, le journalisme de vérification apparaît comme un rempart essentiel à la manipulation et à la désinformation.

Amy N’DIAYE

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