Derrière son allure posée et son regard déterminé, Alexandre Adou incarne une nouvelle génération de leaders sociaux ivoiriens, à la croisée de l’engagement citoyen et de la stratégie de communication. Titulaire d’un diplôme d’ingénieur en communication/marketing et d’un master 2 en gestion des ressources humaines, il évolue depuis plusieurs années dans l’univers dynamique de la communication, alliant rigueur professionnelle et sens du service public.
Mais au-delà de sa carrière dans les médias et les stratégies d’entreprise, c’est surtout son engagement communautaire qui fait aujourd’hui sa renommée. En qualité de président du Mouvement Koumassi Solidarité (MKS), Alexandre Adou s’est donné pour mission de fédérer les énergies autour de l’entraide, du développement local et de la promotion du vivre-ensemble dans cette commune populaire et cosmopolite d’Abidjan.
« La solidarité n’est pas un slogan, c’est un mode de vie, une responsabilité collective », aime-t-il rappeler lors de ses prises de parole publiques. Sous sa houlette, le MKS multiplie les actions de proximité : assistance aux familles vulnérables, soutien à la scolarisation des enfants, campagnes de santé communautaire, projets de réinsertion professionnelle pour les jeunes. Un engagement pragmatique, nourri d’écoute et de terrain.
À la fois stratège et homme de terrain, le communicant au cœur de la solidarité à Koumassi incarne une figure montante du développement local, misant sur l’humain, le dialogue et l’innovation sociale pour bâtir une commune solidaire et résiliente. Un visage de la jeunesse ivoirienne engagée, entre compétence et conscience citoyenne. Interview.
Avant de parler du mouvement, dites-nous quel regard portez-vous aujourd’hui sur Koumassi, ses défis, mais aussi ses atouts ?
Koumassi est une commune cosmopolite située dans la zone sud d’Abidjan. Elle fait partie des 13 communes du district autonome d’Abidjan. Sa population est majoritairement jeune avec 57% de 15 à 39 ans.
Sa population est estimée à 412.282 habitants en 2021, ce qui en fait la cinquième commune la plus peuplée d’Abidjan après Yopougon, abobo, Cocody et Port-Bouët. Koumassi a une forte croissance démographique qui a pratiquement doublé de 1988 (235.000 habitants) à ce jour. Cette croissance de la population est surtout le résultat d’une immigration importante due à l’attractivité économique de la commune (38,64% de non nationaux en 1998).
La commune de Koumassi, comme de nombreuses autres doit relever plusieurs défis.
Ces défis incluent la salubrité, la gestion des déchets, la sécurité et la promotion du développement socio-économique des jeunes. La commune de Koumassi présente plusieurs atouts notamment sa zone industrielle, et de nombreux commerces. Koumassi s’étend sur une superficie de 874 hectares soit 2,4% de la superficie totale de la ville d’Abidjan.

On est tenté de savoir qu’est-ce qui, dans votre parcours personnel ou vos valeurs, vous a poussé à initier une dynamique comme le Mouvement Koumassi Solidarité ?
Mon parcours personnel, je l’avoue n’a pas été facile. Et c’est l’une des principales raisons qui m’a emmené vers cet altruisme. Je soutenais en toute discrétion les personnes en situation difficile sans aucune hésitation, mais aussi et surtout sans bruit. Mais ces dernières années ont vu naître une injustice sociale flagrante liée à plusieurs facteurs. La montée en puissance de la pauvreté au sein de nos populations d’ici et d’ailleurs nous a interpellé. Il fallait donc faire quelque chose. Il fallait trouver des gens pour me soutenir dans cette action. Ensuite réunir ces personnes au sein d’une structure pour venir en soutien aux populations défavorisées. Le Mouvement Koumassi Solidarité a donc été mis sur pieds.

En créant ce mouvement, aviez-vous une ambition sociale, politique, ou simplement humaine ? Que signifie la solidarité pour vous, au-delà du mot quand le MKS existe ? Sa mission, combien de membres…
Absolument, j’avais une ambition sociale : celle d’améliorer les conditions de vie de notre communauté ou de contribuer à un changement significatif. Le volet politique ne doit point être négligé par une personne absolument tournée vers la recherche d’un mieux-être pour les populations. Et l’ambition humaine ne domine point notre ambition sociale car il faut une société pour que l’homme existe. Pour moi la solidarité, c’est un soutien réciproque. Je mets ce dont je dispose à ta disposition pour satisfaire l’un de tes besoins et toi aussi tu répondras au besoin de celui qui t’exprime une demande ou à moi-même si j’ai besoin également de toi. Le MKS aura officiellement un an le 15 juin 2025, mais les actions du MKS précèdent sa création. Le MKS a été créé pour soutenir les jeunes, les femmes, les populations défavorisées. Nous comptons plus de 600 membres titulaires d’une carte de membre.
Koumassi Solidarité est souvent cité comme un exemple d’engagement citoyen. Qu’est-ce qui, selon vous, fait votre particularité ? On peut s’attendre un jour à un ‘’ réseau solidarité’’ dans toutes les communes d’Abidjan avec Koumassi comme modèle pilote ?
Le MKS place l’humain au centre de ses actions. Nous travaillons au développement de l’humain, du jeune, de la femme, de la famille. Nous contribuons favorablement au développement de la société par une assistance importante des populations tant au niveau scolaire que ludique pour nos jeunes et nos enfants. Le développement d’un réseau solidarité dans toutes les communes est déjà bien avancé et vous serez bientôt informé.

Avez-vous un souvenir marquant ou une histoire vécue à travers le mouvement qui vous a personnellement bouleversé ou marqué ?
Après la remise de plus de 1200 kits scolaires à la rentrée académique 2024-2025, je suivais le journal télévisé en famille et ma fille m’a dit papa c’est MKS qui a donné tout ça aux enfants ? J’ai répondu oui. Et elle a sauté sur moi pour m’embrasser et j’ai entendu dans un sanglot Merci papa. Que Dieu te bénisse papa. J’ai eu, depuis ce jour, et plus que jamais la force et la détermination d’aller plus loin.
Comment mesurez-vous concrètement l’impact de vos actions dans la communauté ? Y a-t-il des indicateurs, des retours des populations ?
Le MKS a démarré avec 15 membres fondateurs. Nous sommes à plus de 650 personnes qui appartiennent officiellement au MKS en moins d’un an d’existence. Je ne compte pas ceux qui sont encore à l’état de sympathisants depuis lors. Il n’y a pas meilleurs indicateurs et retours des populations que ces chiffres. L’impact est donc visible et palpable
Comment faites-vous pour mobiliser, fidéliser et maintenir la motivation des bénévoles ou membres autour de votre vision ?
Je travaille avec une dynamique équipe qui a épousé la vision du MKS et de son leader. Le travail est fluide dans le respect du rôle de chacun. Nous sommes auprès des populations en temps de bonheur et en temps d’événements malheureux aussi nous les assistons.
Aujourd’hui, comment décrivez-vous l’impact du Mouvement Koumassi Solidarité dans la vie des habitants de cette commune…

L’impact est énorme, le MKS fait partie des trois structures qui font bouger les lignes sur toutes les formes au plan communal et là je refuse d’être prétentieux.
Vous préparez la fête des mères le 15 juin prochain. Pouvez-vous nous en parler ? À quoi les mamans de Koumassi doivent-elles s’attendre cette année ?
La fête des mères sera une occasion d’honorer toutes les mamans de Koumassi et en particulier celles du MKS. Un programme très attractif leur sera servie avec à la clé de nombreux cadeaux. Mieux, nous les aiderons à surmonter les épreuves qu’elles connaissent en famille. Le thème de cette année que nous avons choisi c’est « la mère et la santé mentale ». Nous aurons à ce titre, un psychologue qui parlera de santé mentale de la mère et des sketchs de motivation exécutés par les femmes elles-mêmes.
Peut-on dire que ce type d’événement a une fonction sociale au-delà de la célébration ? Si oui, laquelle ? Comment se déroulera cette journée ? Et qu’est-ce qui, selon vous, rendra cette édition spéciale et inoubliable ? 9. Y a-t-il un message particulier que vous souhaitez partager à travers cette célébration des mères ?
Oui, absolument. Socialement, la Fête des Mères est un rituel qui permet d’exprimer publiquement et collectivement la gratitude envers les mères pour leur rôle, souvent invisible et exigeant, dans l’éducation des enfants et le maintien du foyer. Cette reconnaissance symbolique est importante pour valoriser leur contribution et leur donner un sentiment d’appréciation au sein de la famille et de la société.

Cette journée sera festive et pleine de surprises. Il y aura une pléiade d’artistes pour égayer nos mères trop souvent stressées par les multiples charges sociétales.
…
Le message que je veux partager à nos valeureuses mamans, c’est un message d’espérance. En effet, tout n’est jamais perdu tant que nous vivons. Une situation acide peut se transformer en situation mielleuse à tout moment. Il faut donc espérer et se battre pour transformer notre condition.
Revenons au MKS, quelles ont été les grandes réalisations du mouvement jusqu’à présent ? Avez-vous des partenariats ou soutiens particuliers qui vous accompagnent dans vos actions ?
Nous aurons réalisé avec les 58 permis de conduire en cours de production pour l’année 2025, un peu plus de 500 permis de conduire pour la jeunesse. Au titre des financements de projets femmes, nous sommes à une trentaine de projets financés et plus d’une centaine de dossiers en attente. Nous avons distribué plus de 1200 kits scolaires à la rentrée académique 2025 et nous avons offerts plusieurs packs de fournitures scolaires à des églises et mosquées. Nous avons également offert plus de 600 jouets aux enfants de la commune à la Noel 2024. Au titre de l’assistance aux associations, de notre participation ou contribution à leur côté, je vous invite à vous rapprocher de ces organisations car notre témoignage peut être empreint de partialité.
Les actions sociales ou humanitaires sont légion et nous ne les comptons plus. Par respect pour la dignité humaine, nous taisons de façon expresse toute action d’assistance sociale privée. Qu’elle soit scolaire, alimentaire, funéraire, médicale, etc. La vie privée du demandeur ne doit pas être exposée. Voici l’un de nos combats.
Qui nous accompagne ? Une poignée d’amis seulement nous soutient dans nos actions de solidarité. Les entreprises de Koumassi sont réticentes face à nos demandes. Est-ce la crainte de voir dilapider la ressource mise à disposition ? Où devraient-elles avoir une autorisation avant d’agir ? Dans tous les cas, nous savons que nous sommes suivis et nous avons émis plus de 100 demandes par courrier pour les kits scolaires. On a reçu qu’un seul retour portant sur la somme de 50.000F. Bref. On n’a personne pour nous soutenir dans nos actions salutaires. C’est l’occasion de lancer un appel à nos autorités politiques et administrative pour une unicité dans les actions sociales dans notre commune.

Quels sont les prochains projets ou événements que vous préparez pour Koumassi ?
Nous allons travailler à développer durablement le Mouvement Koumassi Solidarité et cela passera par plusieurs évènements que je préfère garder secrets pour l’instant.
Où voyez-vous le MKS dans l’avenir
Le MKS est un mouvement de solidarité qui devra couvrir toute la Côte d’Ivoire afin que cette valeur chantée par l’article 48 de notre constitution : l’Union inscrite en premier dans notre devise soit véritablement une réalité palpable d’ici une dizaine d’année.
En tant que leader engagé, comment conciliez-vous vie de famille, obligations professionnelles et engagement communautaire…
Ce n’est pas facile. Cela appelle à une grande organisation personnelle d’abord. Ensuite, il faut savoir faire confiance et déléguer les taches.
Pour vous, quelle est la plus grande leçon que vous avez apprise au contact de la population de Koumassi.
La plus grande leçon, c’est qu’il faut compter avec la volteface et le double visage. Mais ce n’est pas nouveau.

Si vous avez un vœu à formuler pour Koumassi aujourd’hui, quel serait-il ?
Une vie d’union, de paix et d’amour entre les différentes communautés politiques, religieuses, ethniques. Cela suffit à Koumassi pour une prospérité économique et un développement personnel de la population.
Interview réalisée par Florence EDIE
Digest Alexandre Adou
Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo
Quel est ton animal préféré ?
L’écureuil qui vole sur les arbres sans ailes mais hyper rapide et difficile d’accès pour les prédateurs
Ce que tu déteste
La versatilité
Ce que tu aimes
La franchise et l’honnêteté intellectuelle
Quelle est ta plus grande fierté en tant qu’homme ?
C’est mon caractère humain qui est certainement lié à mon engagement spirituel
Ton rêve d’enfant
Policier pour combattre l’injustice
Si tu n’étais pas dans la communication, tu serais devenu ?
Certainement dans l’humanitaire