Dans un contexte de transformation des systèmes alimentaires en Afrique de l’Ouest, la Cedeao a organisé, le mardi 27 mai 2025, au Parc des expositions d’Abidjan, un panel sur un enjeu sanitaire majeur : la sécurité et la traçabilité dans l’industrie de l’alimentation animale.

Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du projet PRISMA, lancé en 2024 avec le soutien de l’agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA) de la Cedeao. Elle vise à établir un réseau régional d’acteurs clés engagés dans la mise en œuvre de protocoles harmonisés d’échantillonnage, d’analyse et de traçabilité, dans le but de renforcer la lutte contre les aflatoxines et d’unifier les contrôles sur les aliments destinés au bétail.

Venus d’Espagne et du Nigéria, les experts présents ont rappelé que la problématique des aflatoxines se situe à la croisée des préoccupations en matière de sécurité sanitaire, de commerce et de sécurité alimentaire. Peu visibles, les aflatoxines sont des mycotoxines produites par des champignons présents dans le sol. Elles contaminent les céréales, les oléagineux, les fourrages et donc les aliments destinés aux animaux d’élevage. Leur présence dans la chaîne alimentaire peut avoir de lourdes conséquences sanitaires, économiques et commerciales.
« Les aflatoxines, toxines produites par certains champignons, contaminent les produits agricoles (maïs, arachide, manioc, etc.) à différents stades de la chaîne de valeur. Ces substances ont un impact majeur sur la santé animale et humaine, la productivité du bétail, la sécurité alimentaire et la commercialisation des produits agricoles, tant au niveau local qu’international », expliquent-ils.

En effet, ces toxines réduisent les rendements, dégradent la qualité des produits agricoles et empêchent l’accès à des marchés internationaux, notamment européens, qui imposent des normes strictes. À cet effet, les intervenants, au terme de leurs échanges et des expériences partagées, ont souligné la nécessité de renforcer la coopération technique et scientifique pour construire un système alimentaire ouest-africain plus sûr, traçable et résilient.
L’enjeu dépasse largement la seule filière animale. En s’attaquant aux aflatoxines, la Cedeao entend non seulement protéger la santé des consommateurs et du bétail, mais aussi sécuriser les chaînes de valeur agricoles, garantir les revenus des producteurs, et stimuler le commerce intra-africain ainsi que l’accès à de nouveaux marchés internationaux.

Le panel du SARA 2025 s’inscrit ainsi dans une dynamique ambitieuse de construction d’un système alimentaire ouest-africain sécurisé, harmonisé et durable.
À noter que le projet PRISMA, soutenu par les institutions régionales, jette les bases d’une nouvelle gouvernance sanitaire du secteur agroalimentaire en Afrique de l’Ouest. Il s’appuie sur la science, la coopération régionale et l’engagement des acteurs locaux pour établir une sécurité alimentaire maîtrisée et inclusive.
Florence EDIE