50 ans d’existence de la Cedeao: Une journée pour dresser le bilan et tracer la voie vers la souveraineté alimentaire

L’anniversaire d’une institution n’est jamais anodin. Surtout lorsqu’il s’agit de la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui, depuis 1975, s’est imposée comme un acteur clé du développement, de la stabilité politique et de l’intégration régionale.

À l’occasion de son cinquantenaire, célébré le mardi 28 mai 2025, une journée spéciale lui a été consacrée dans le cadre du 7ᵉ Salon de l’Agriculture et des Ressources Animales (SARA 2025), au parc des expositions d’Abidjan.

Les échanges ont réuni des responsables politiques, des experts agricoles, des chercheurs, des représentants d’organisations paysannes, ainsi que des partenaires techniques et financiers. Aux côtés du ministre d’État Kobenan Kouassi Adjoumani, les intervenants ont dressé un état des lieux sans concession des défis alimentaires en Afrique de l’Ouest, tout en saluant les avancées notables réalisées sous l’impulsion de la Cedeao

Outil de veille désormais incontournable, le cadre harmonisé, élaboré en partenariat avec le CILSS, l’UEMOA et plusieurs partenaires, a été mis en avant comme un instrument régional de planification stratégique.

Il permet d’identifier les zones les plus vulnérables, d’anticiper les périodes de soudure et de coordonner les interventions humanitaires. Un véritable baromètre de l’insécurité alimentaire, devenu central dans la gestion des crises.

Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus de 38 millions de personnes sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire aiguë dans la région, dont 16 millions dans des zones classées en crise ou en urgence.

Mais la journée n’a pas été consacrée uniquement aux constats alarmants. Elle fut également l’occasion de rappeler les avancées structurelles impulsées par la CEDEAO : la réserve régionale de sécurité alimentaire, les mécanismes de solidarité régionale, ou encore le PRESAN, programme qui soutient la production vivrière, le stockage communautaire et la valorisation des filières agricoles locales.

Dans son intervention, le ministre Adjoumani a salué ces efforts tout en appelant à une intégration plus concrète des politiques régionales dans les stratégies nationales.

« L’agriculture ne doit plus être considérée comme un secteur de secours, mais comme un levier de transformation », dit-t-il, tout en évoquant les initiatives de la Côte d’Ivoire en matière de modernisation de l’agriculture familiale et de promotion de l’autosuffisance alimentaire.

Les discussions ont également permis de tracer un nouveau cap pour les décennies à venir : renforcer la résilience des systèmes agricoles, soutenir les petits producteurs, stimuler l’innovation, mieux impliquer les jeunes et les femmes, et surtout faire de la souveraineté alimentaire un objectif stratégique et partagé.

À l’issue de cette journée commémorative, un message fort a été lancé : à 50 ans, la CEDEAO ne se contente pas de célébrer un passé riche en enseignements. Elle ambitionne désormais de construire un avenir durable pour l’Afrique de l’Ouest.

Plus que jamais, elle entend jouer son rôle de rempart contre l’insécurité alimentaire et de moteur d’un développement endogène, inclusif et résilient.

Florence EDIE

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