Côte d’Ivoire : Les restaurants passent au digital pour survivre

À l’heure où les applications de livraison de repas dictent une part croissante des habitudes alimentaires urbaines, les restaurateurs ivoiriens n’ont d’autre choix que de repenser leur modèle. Organisation interne, relation client, visibilité : tout passe aujourd’hui par l’écran d’un smartphone. Et certains acteurs locaux ont compris que leur survie dépendrait de leur capacité à embrasser cette mutation.

C’est ce virage qu’a pris une chaîne de restauration rapide spécialisée dans les French Tacos, en décidant d’intégrer une plateforme de livraison( Yango) bien implantée à Abidjan. Ce partenariat, mis en place autour de 2022, a permis de déléguer la gestion complexe des livreurs, tout en assurant une prise en charge fluide des commandes via une interface numérique dédiée. Résultat : les équipes peuvent se recentrer sur leur cœur de métier, la cuisine, tandis que les délais de livraison sont optimisés.

Mais cette transition n’a pas été sans ajustements. Il a fallu réorganiser les équipes en cuisine, former les agents à un nouveau rythme imposé par les plateformes, et mettre en place des processus pour gérer simultanément les clients sur place et ceux en ligne. Ce défi logistique, s’il reste perfectible, a ouvert la voie à une nouvelle clientèle. Une base fidèle, repérable par la régularité des commandes, qui confirme le potentiel du canal digital.

Derrière ce repositionnement, un parcours entrepreneurial marqué par l’expérience. Le fondateur Joseph Raoul Eric , formé à la restauration en Europe, a lancé en 2018 un concept encore méconnu du public ivoirien. Dès l’ouverture de son premier point de vente à Angré, la demande ne se fait pas attendre. Il faut dire que le positionnement, à la fois moderne et accessible, séduit une jeunesse friande de nouveauté. L’expansion suit : d’abord à Yopougon, puis Faya, Koumassi et enfin Marcory.

Aujourd’hui, l’enseigne O’Takkos envisage d’étendre sa présence à l’intérieur du pays et dans la sous-région. Mais cette ambition ne repose plus seulement sur l’ouverture de nouveaux espaces physiques. Elle s’appuie désormais sur une stratégie hybride, mêlant ancrage local et outils numériques.

Pour le fondateur , la réussite passe aussi par un meilleur soutien aux initiatives locales. Il plaide pour plus de visibilité des restaurants ivoiriens sur les applications, un support technique réactif, et des rencontres régulières entre les différents partenaires de la chaîne de livraison.

Son expérience rappelle une évidence : dans un secteur où la concurrence est rude et les marges parfois fragiles, innover ne se limite plus à ce qu’il y a dans l’assiette. Désormais, c’est aussi dans la manière de livrer que se joue une grande part du succès.

Ortis . A

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *