Au début d’une relation, la communication semble naturelle, fluide. Mais avec le temps, les malentendus s’installent. Les attentes implicites remplacent les demandes claires. On suppose, on interprète, on accuse.
Ce chapitre explore les racines de ces incompréhensions et invite à une prise de conscience essentielle : l’autre ne lit pas dans nos pensées.
« Aimer, c’est apprendre à parler la langue de l’autre, sans oublier de rester soi-même. »
L’amour ne suffit pas
Quand un couple se forme, tout paraît évident. On devine les pensées de l’autre, on termine ses phrases, on rit des mêmes choses. La connexion semble magique.
Pourtant, avec le temps, ce lien peut s’effriter non pas faute d’amour, mais faute de dialogue authentique.
Aimer ne suffit pas, si l’on ne sait pas se dire.
De nombreux couples s’aiment profondément, mais se blessent souvent, simplement parce qu’ils ne savent pas comment exprimer leurs besoins, ni comment accueillir ceux de l’autre.
La bonne volonté ne suffit pas à combler l’incompréhension.
L’enfance et ses empreintes
Nous arrivons tous dans une relation avec un bagage : notre histoire, nos blessures, nos modèles parentaux, nos croyances.
Certaines personnes ont grandi dans des familles où les émotions étaient tues. D’autres, dans des environnements explosifs, ou encore dans des contextes où l’amour passait toujours après le devoir.
Ces expériences influencent notre manière : de réagir face aux tensions, d’attendre (souvent en silence) et de désirer être aimés.
Exemple concret :
Une femme qui a appris, enfant, à “ne pas déranger” aura tendance à se taire quand quelque chose la blesse.
Son partenaire, voyant son silence, pourra croire qu’elle va bien — alors qu’en réalité, elle se referme.
Les filtres de perception
Nous ne communiquons pas uniquement à partir de ce que l’autre dit, mais à partir de ce que nous croyons qu’il a voulu dire.
Autrement dit, nous entendons à travers nos propres filtres : peurs, insécurités, expériences passées.
Par exemple :
Un simple « Tu rentres tard » peut être perçu comme un reproche, alors qu’il s’agit d’un constat mêlé d’inquiétude.
Un « Tu ne comprends jamais ce que je ressens » peut déclencher une réaction de défense, au lieu d’ouvrir un espace de compassion.
Témoignage de Juliette Diby
« Je croyais qu’il me comprenait sans parler… »
« Avec mon compagnon, on vivait ensemble depuis six ans. On s’aimait, du moins je le pensais. Mais je me sentais souvent seule. Je ne lui disais pas quand j’allais mal, parce que je croyais qu’il allait le sentir. Qu’il me comprendrait juste en me regardant.
Un jour, j’ai explosé. Il est resté figé. Il ne comprenait pas. C’est là que j’ai réalisé que je ne pouvais pas attendre de lui ce que je ne disais pas..
J’ai commencé à parler. Pas avec colère, mais avec sincérité. Ce jour-là, notre vrai couple a commencé.«
En résumé
Avant même de chercher à mieux communiquer, il est fondamental de comprendre ce que chacun porte en soi.
On ne parle pas depuis une page blanche, mais depuis une histoire, une mémoire affective, une sensibilité.
Une communication saine commence par une connaissance de soi et une curiosité sincère envers l’autre.
Extrait du livre Les Mots pour s’aimer de Coach Rody