Le pinceau de Jacobleu a traversé les décennies, les tendances, les remous sociaux et les silences de l’âme. Vendredi 18 juillet 2025, c’est toute cette mémoire vivante que l’Union des journalistes culturels de Côte d’Ivoire (Ujocci) a décidé de célébrer, à travers un hommage vibrant organisé dans le cadre des Grands Plateaux. À la Jacobleu Art Gallery, aux II-Plateaux Aghien, journalistes et passionnés d’art ont été invités à explorer, en présence de l’artiste, « 30 ans d’histoire et de maîtrise du pinceau ».

Jacobleu s’est livré avec sincérité. Il a raconté ses débuts, marqués par une enfance créative, mais aussi par une désillusion : celle d’un jeune élève découragé par un professeur d’arts plastiques en classe de 6e. Il faudra attendre la classe de 4e, au lycée, pour qu’un autre enseignant rallume en lui la flamme de l’expression artistique. À partir de là, plus rien ne freine l’élan du futur maître. Le dessin devient une obsession, les formes prennent vie, les masques deviennent langage. Inspiré par des figures comme Jean-Michel Basquiat et Francis Bacon, Jacobleu invente un style. Couleurs, matières, symboles… tout devient prétexte à dire l’Afrique, ses douleurs, ses espoirs, ses migrations, ses appels à la paix.

Durant cet échange avec les journalistes, il a évoqué plusieurs de ses œuvres, dont Cataclysme, qui avait, en son temps, suscité incompréhension et débat. Mais pour lui, chaque toile a sa propre vérité, celle d’un moment, d’un souffle, d’un ressenti. L’artiste, tout en humilité, a également glissé quelques conseils aux jeunes artistes : rigueur, constance, présence. Pour lui, le talent ne suffit pas, il faut le discipline et la persévérance pour exister dans un milieu exigeant.


Le président de l’Ujocci, Jean-Marc Tonga dit JM Tonga, a salué la générosité de Jacobleu qui a ouvert les portes de sa galerie à l’union. En témoignage de reconnaissance, un tableau d’honneur lui a été remis. L’agence Djè Bi Groupe Voyage, représentée par son Directeur général Djè Bi Olivier, a renouvelé son soutien à ces rencontres culturelles. La gérante de la galerie, Carmen Bleu, a exprimé son plaisir d’accueillir cet événement dans ce lieu dédié à la création et à la transmission.

Avec Jacobleu, les Grands Plateaux de l’Ujocci continuent de tisser un lien fort entre la mémoire artistique de la Côte d’Ivoire et les journalistes qui en sont les relais. Un mois plus tôt, c’est Meiway, le père du Zoblazo, qui avait été reçu. La promesse est claire : honorer ceux qui font et façonnent la culture ivoirienne, au-delà des modes et des générations.
Toussaint KONAN