PRÉSIDENT TALON : LES AFRICAINS NE SONT PAS LES PREMIERS RESPONSABLES DE L’ESCLAVAGE

Lorsque le Président béninois Patrice Talon affirme que, dans la tragédie historique de l’esclavage, « les Africains étaient peut-être les premiers responsables », il ouvre la porte à une dangereuse confusion.

Mettons les choses au clair : sans corrupteur, il n’y a pas de corrompu.

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Sans l’appétit insatiable, l’organisation et les moyens logistiques des puissances étrangères, il n’y aurait jamais eu de traite négrière à l’échelle industrielle.

Oui, il y a eu des complicités locales. Mais ces complicités ont été suscitées, financées et instrumentalisées par ceux qui avaient tout à gagner : les instigateurs extérieurs. 

On ne met pas sur le même plan celui qui invente la chaîne et celui qui, sous pression ou appât, y participe.

La traite transatlantique est née de besoins économiques étrangers (main-d’œuvre gratuite pour les plantations américaines) et de moyens logistiques développés en Europe (navires négriers, routes maritimes, réseaux marchands).

Sans cette demande massive et ces infrastructures, il n’y aurait pas eu de marché esclavagiste international. 

Les complicités africaines, souvent obtenues sous contrainte, ne peuvent donc pas être mises au même niveau de responsabilité.

Et si l’on appliquait ce raisonnement à la colonisation ?

Dirait-on aussi que les Africains sont largement responsables de la colonisation sous prétexte que certains chefs locaux ont signé des traités ou collaboré avec l’occupant ?

 Ce serait oublier que la colonisation a été conçue, organisée et imposée par les puissances européennes, et que les collaborations locales n’ont été que des réactions à un système déjà en place.

Ce raisonnement est absurde.

Réécrire l’histoire de cette façon, c’est inverser les rôles. C’est décharger partiellement ceux qui ont bâti leur prospérité sur l’asservissement et le pillage de l’Afrique pour faire porter une responsabilité première aux victimes.

L’Afrique doit assumer ses fautes, mais elle n’a pas à porter la paternité d’un crime dont elle fut d’abord la cible et la principale victime.

En tout cas, moi, Magaye GAYE, jusqu’à l’extinction du Soleil, je n’accepterai pas que l’on réécrive ainsi notre histoire et que l’on renverse les responsabilités.

Magaye GAYE ( Ecomiste international)

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