La sous-préfecture de Kouassia-Nianguini, dans le département de Transua (région du Gontougo), a accueilli, du 18 au 19 septembre 2025, la première sortie officielle de l’Association des Femmes Commerçantes « DAAKIN-N’DI ». En langue Brong, cette appellation signifie « laisser les empreintes pour demain » ou encore « le futur se bâtit sur le présent et le passé ».
L’événement, placé sous le patronage du préfet du département, Katou Bony Francis, représenté par le secrétaire général de préfecture, Gboze Charles Mickael, avait pour parrain le Professeur Théodore Kossonou, enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny. Plusieurs autorités administratives, coutumières et universitaires venues de Bondoukou et d’Abidjan ont pris part à la rencontre.
Le thème retenu, « Accompagnement par l’alphabétisation en gestion de microcrédit des femmes commerçantes en contexte exoglossique », a permis de mettre en exergue la nécessité de former et de soutenir les femmes dans leurs activités génératrices de revenus. Le Professeur Kossonou a rappelé que, selon l’UNESCO, les femmes représentent la majorité de la population pauvre dans le monde .
Il a ajouté que « elles rencontrent souvent de réelles difficultés d’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi, ainsi qu’aux opportunités économiques. Une grande majorité de ces femmes évolue dans le secteur informel, caractérisé par un manque de structuration et d’organisation des activités. En Côte d’Ivoire, comme dans plusieurs pays africains, les femmes ne bénéficient pas toujours des mêmes opportunités, conditions et privilèges que les hommes dans de nombreux domaines. Pourtant, selon les Enquêtes sur le Niveau de Vie (ENV 1995), près du quart des ménages ivoiriens est économiquement contrôlé par des femmes. »

Pour le parrain de la cérémonie, cette initiative représente bien plus qu’une simple organisation : « cette initiative vise également à promouvoir une participation active et un leadership féminin dans la gestion des affaires publiques et privées de leur sous-préfecture, à travers l’entraide, la solidarité, l’unité et le vivre-ensemble. »
Dans le même élan, le secrétaire général de préfecture a invité les commerçantes à se faire enregistrer officiellement auprès du ministère de l’Intérieur et à constituer des dossiers pour accéder aux microcrédits.
Avec DAAKIN-N’DI, les femmes commerçantes de Kouassia-Nianguini veulent désormais allier alphabétisation et entrepreneuriat pour bâtir un avenir meilleur.
Toussaint KONAN