30 septembre 1963 : Un million d’Ivoiriens à Abidjan pour soutenir Houphouët-Boigny

Abidjan, 30 septembre 1963. La capitale ivoirienne connaît ce jour-là une affluence historique. Plus d’un million de personnes défilent dans les rues pour marquer leur soutien au Président Félix Houphouët-Boigny, dans ce qui restera comme l’un des plus grands rassemblements populaires de l’histoire du pays.

À l’appel du PDCI-RDA, cette journée baptisée « Jour de Loyauté » vise à réaffirmer l’unité nationale autour du chef de l’État, dans un contexte politique particulièrement tendu. Quelques mois plus tôt, un complot contre le Président avait été déjoué. Plusieurs personnalités politiques, dont d’anciens ministres, sont mises en cause. En déplacement en Europe, Houphouët-Boigny avait dû rentrer précipitamment pour reprendre les rênes du pouvoir.

Dès l’aube, deux gigantesques cortèges sillonnent la ville. Travailleurs, paysans, étudiants, commerçants, jeunes et anciens convergent vers le stade Félix Houphouët-Boigny, lieu hautement symbolique, pour un meeting de soutien. À l’époque, Abidjan ne compte que 250 000 habitants. Ce jour-là, elle en accueille quatre fois plus.

Ce rassemblement, soigneusement organisé, a valeur de message : la Côte d’Ivoire officielle fait bloc autour de son Président. Plus qu’un simple témoignage de fidélité, c’est une démonstration politique destinée à conforter le pouvoir et à réduire au silence toute opposition.

L’événement contribue à renforcer la stature de Houphouët-Boigny, présenté comme garant de la paix, de l’unité et de la stabilité du jeune État ivoirien. Il consolide aussi un imaginaire politique où loyauté au Président rime avec fidélité à la nation.

Plus de six décennies après, le souvenir du 30 septembre 1963 demeure vivace. Ce jour-là, Abidjan s’est imposée comme la capitale de la loyauté, offrant l’image d’un peuple uni derrière son leader. Une image qui continue de nourrir la mémoire collective et l’histoire politique de la Côte d’Ivoire.

Source: Fondation Félix Houphouët-Boigny et son peuple.

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