Dans une Côte d’Ivoire en pleine mutation, les repères familiaux se perdent et les valeurs s’effritent. Les comportements changent, les traditions s’affaiblissent, et la jeunesse semble de plus en plus livrée à elle-même. Une question s’impose alors : quel héritage moral, culturel et social préparons-nous pour nos enfants ?
Le désengagement progressif du père
Au cœur de ce déséquilibre, le rôle du père semble s’estomper. De nombreux foyers sont aujourd’hui marqués par un désengagement paternel, laissant à la mère le poids de l’éducation et de la discipline.
Résultat : des enfants livrés à eux-mêmes, parfois devenus les véritables maîtres de la maison.
Le père, jadis pilier et repère, devient souvent simple spectateur d’un foyer qu’il ne dirige plus.
Ce glissement interroge : Quelle est la place du père dans la famille moderne ?Quelles valeurs souhaite-t-il transmettre ?Et surtout, quelle image de l’autorité parentale voulons-nous offrir à la génération à venir ?
L’effritement des valeurs africaines
Longtemps, l’Afrique a été citée en exemple pour ses valeurs : respect des aînés, solidarité, entraide et équilibre parental.
Mais la modernité, la pression économique et la course au gain rapide ont bouleversé cet héritage.
À force de vouloir assurer la survie du foyer, beaucoup de parents, notamment les pères, ont délaissé leur mission première : être des modèles, des repères moraux et affectifs.
La femme, gardienne des valeurs
Malgré ces dérives, la femme demeure au centre de l’équilibre familial.
C’est à travers elle que se transmettent les premières leçons de vie : respect, discipline, dignité et amour du travail.
Une femme bien éduquée peut diriger un pays. Une femme bien instruite peut diriger une nation.
Encore faut-il que la société, et surtout les pères, reconnaissent cette force et la soutiennent dans sa mission d’éducation.
Réapprendre à éduquer ensemble
La crise des valeurs que traverse notre société n’est pas une fatalité.
Elle appelle à une prise de conscience collective : éduquer, c’est partager la responsabilité.
Les pères doivent redevenir des modèles.
Les mères doivent être valorisées et soutenues.
Et les enfants doivent être réconciliés avec les valeurs africaines qui font la fierté de notre identité.
Car au-delà des biens matériels, le véritable héritage qu’un parent lègue à son enfant, c’est la valeur.
R.A