À Ouagadougou –Burkina Faso, le quartier de Karpala s’anime depuis le mercredi 29 octobre 2025, au son du festival des musiques urbaines lives de Ouagadougou (FEMULO). Porté par l’association des musiciens instrumentistes d’Afrique (AMIA), l’événement, qui se poursuit jusqu’au 2 novembre, célèbre la créativité musicale urbaine tout en invitant la jeunesse à penser la musique comme un véritable espace d’investissement.
Pour sa cinquième édition, le FEMULO franchit un cap. Le coordonnateur du festival, Abdoulaye Maïga, plus connu sous le nom de Sadio Korda, insiste sur la dimension professionnelle renforcée cette année. Les formations, autrefois limitées à quelques sessions, deviennent de véritables parcours d’apprentissage. Les musiciens y apprennent à fabriquer leurs instruments, à travailler leur présence scénique et à s’exprimer avec aisance, sur scène comme dans la vie. L’ambition affichée est claire : donner aux artistes les outils nécessaires pour envisager leur art comme une activité durable et porteuse de revenus.
Cette orientation s’accompagne d’un hommage appuyé aux artisans du son. Des formateurs et fabricants d’instruments, qu’ils soient issus de la tradition ou de la modernité, prennent part à cette édition. Le festival met ainsi en avant ceux qui font vivre la musique en coulisses. Même logique pour les FEMULO Awards, qui, cette année, récompensent exclusivement les musiciens de scène venus du Burkina Faso, du Mali et du Sénégal. Une manière de valoriser ces acteurs essentiels du live, souvent éclipsés par les chanteurs.
Le thème retenu, « Jeunesse et Investissement », illustre la volonté des organisateurs de transformer le regard porté sur la musique. Pour Sadio Korda, il s’agit d’amener les jeunes à comprendre que la création artistique peut devenir un levier économique, un terrain d’entrepreneuriat et d’innovation. La représentante de la marraine, Pilabré Kini Léonne, abonde dans le même sens.
Selon elle, le parrainage s’inscrit dans une logique d’accompagnement de la jeunesse entrepreneure « Parler de culture, c’est déjà parler d’investissement, car cela pousse les jeunes à se projeter et à créer. »
Jusqu’à dimanche 2 novembre prochain, le FEMULO 2025 se présente donc comme bien plus qu’un simple festival. Entre concerts live, rencontres et moments de formation, il se veut un espace de fête et un laboratoire d’avenir, où la musique se pense comme un métier et un investissement pour toute une génération.
Amy N’DIAYE