Face aux pyramides de Gizeh, un nouveau monument s’élève, le grand musée Égyptien (GEM), vitrine spectaculaire de l’histoire millénaire du pays et symbole d’une Égypte qui conjugue passé et modernité.
Après des années de travaux, le musée ouvre enfin ses portes, dévoilant plus de 100 000 pièces retraçant la civilisation pharaonique, des premiers royaumes aux dynasties tardives. Avec cette collection unique, le GEM devient le plus grand musée au monde consacré à une seule culture.
Parmi les trésors les plus attendus figure la collection complète de Toutânkhamon, rassemblée pour la première fois depuis la découverte de sa tombe en 1922. Chars, trône, sarcophage et masque funéraire restaurés y témoignent d’un savoir-faire hors pair.
« Chaque objet a été stabilisé et nettoyé dans nos laboratoires pour garantir sa préservation à long terme », confie Jailan Mohamed, spécialiste en restauration.
Le visiteur découvre aussi le bateau solaire de Khéops, pièce de 4 600 ans transférée depuis le site des pyramides, et le colosse de Ramsès II, majestueux gardien de l’atrium.
Pour Zahi Hawass, figure incontournable de l’égyptologie, l’ouverture du GEM marque un tournant .
« Ce musée raconte l’histoire de notre civilisation comme jamais auparavant. Il fait revivre l’âme de l’Égypte. » dit-il.
Au-delà de l’émotion patrimoniale, l’enjeu est aussi économique et touristique. Selon le directeur général Ahmed Ghoneim, l’établissement pourrait stimuler le tourisme de 10 à 20 %, soutenu par de nouveaux aménagements : routes modernisées, prolongement du métro et aéroport international du Sphinx, situé à 40 minutes.
Premier musée « vert » d’Afrique et du Moyen-Orient, le GEM obtient par ailleurs une certification environnementale, confirmant son engagement pour une gestion durable et économe en énergie.
Dans l’ombre des pyramides, le Grand Musée Égyptien se dresse ainsi comme le symbole d’une Égypte fière de son passé et résolument tournée vers l’avenir.
Amy N’DIAYE