Côte d’Ivoire : L’État engage une réforme majeure du secteur de la livraison de petits colis

Le secteur de la livraison de petits colis en Côte d’Ivoire s’apprête à connaître une profonde transformation. Longtemps marqué par une forte prédominance de l’informel, ce domaine est désormais au cœur d’une réforme gouvernementale visant à renforcer la sécurité routière et à professionnaliser les activités.

D’après les autorités, les livreurs non structurés seraient impliqués dans une large majorité des cas d’incivisme routier observés à Abidjan. En cause : l’absence d’agrément officiel, de plaques d’immatriculation conformes et de couverture fiscale pour une grande partie de ces acteurs.

Pour répondre à ces défis, l’État prévoit de mettre en œuvre un dispositif déjà inscrit dans le cadre légal, en confiant à la Poste de Côte d’Ivoire un rôle central. L’entreprise publique devra agir comme régulateur et fédérateur du secteur, afin d’organiser une activité devenue stratégique avec l’essor du commerce en ligne et de la logistique urbaine.

S’exprimant lors d’une rencontre avec les professionnels du secteur, organisée par la Direction générale des transports terrestres, le directeur général de la Poste de Côte d’Ivoire, Isaac Gnamba Yao, a salué une initiative porteuse d’avenir. Selon lui, cette réforme constitue à la fois une opportunité de modernisation pour l’institution postale et un levier de structuration pour l’économie numérique.

Un recensement prévu à partir de 2026

La première phase de la réforme débutera en janvier 2026 avec une opération de recensement à l’échelle nationale. Elle concernera aussi bien les livreurs indépendants que les entreprises spécialisées. L’enregistrement se fera progressivement, d’abord via une plateforme numérique, puis à travers des démarches physiques.

Les autorités précisent que cette étape initiale sera gratuite et accompagnée de mesures transitoires afin de faciliter l’adhésion des acteurs concernés.

Face aux craintes exprimées par certains opérateurs, le gouvernement se veut rassurant : il n’est nullement question de mettre le secteur sous tutelle ou d’exclure les acteurs existants.

L’ambition est plutôt de leur offrir un cadre structuré et sécurisé, avec un meilleur accès à l’assurance, au financement, à la formation et à une reconnaissance officielle.

Ortis A

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