Dans une prison de Rio de Janeiro, l’administration pénitentiaire de l’État mise sur la culture comme levier de réinsertion. Pour la troisième année consécutive, elle a organisé Voice of Liberty « La voix de la liberté », un concours de chant destiné à des femmes incarcérées, placé cette année sous le thème de l’espoir et de l’émancipation.
L’événement, qui réunit des détenues venues de plusieurs établissements pénitentiaires, vise à valoriser leurs talents et à renforcer leur confiance en elles à l’approche de leur libération.
« L’objectif est aussi de réhabiliter les détenus par le travail, les études, la lecture et, comme aujourd’hui, par la culture », explique Maria Rosa Lo Duca Nebel, secrétaire d’État à l’administration pénitentiaire de Rio de Janeiro, soulignant l’impact positif de l’initiative sur le climat au sein de la prison.
En amont du concours, les participantes ont suivi plusieurs mois de préparation : auditions, répétitions et essais de maquillage, de coiffure et de costumes. Une parenthèse artistique qui leur permet de rompre avec la routine carcérale.
Le soir de la finale, quinze candidates ont défilé sur scène, troquant leurs tenues de détenues contre des robes de gala. Devant un public composé de responsables pénitentiaires, de bénévoles et d’autres prisonnières, elles ont interprété des titres populaires. Le jury comprenait notamment l’acteur et animateur de télévision David Brazil et le chanteur Maurício Mattar.
À l’issue des prestations, la lauréate a été désignée : Fernanda Fernandes Domingues, 36 ans.
« La musique me donne de la force dans un moment de tristesse. Être emprisonnée, être privée de liberté, c’est difficile. En chantant, notre corps est enfermé, mais notre voix peut aller où elle veut », a-t-elle confié après sa victoire.
Pour certaines participantes, le concours représente aussi une étape concrète vers l’après-prison. Rilary Cristina Leite, 31 ans, chantait dans des bars, lors de fêtes et à l’église avant son incarcération il y a six ans. Proche de sa libération, elle voit dans ce spectacle une opportunité de se projeter à nouveau.
« C’est magique, parce que nous faisons ce que nous aimons. L’art nous libère », affirme-t-elle, évoquant son rêve de se produire un jour au festival Rock in Rio.
À travers Voice of Liberty, l’administration pénitentiaire entend démontrer que la culture peut jouer un rôle central dans la reconstruction personnelle des détenues et leur préparation à une réinsertion durable.
Amy N’DIAYE