Encore une fois, l’humanité joue avec sa propre disparition. Cette fois, ce ne sont plus des lances ni des fusils, mais des armes capables d’effacer des villes entières et de réduire notre planète au silence.
Je me demande parfois : sommes-nous vraiment des êtres évolués, ou simplement
des créatures de Dieu qui refusent encore de grandir ?
Pendant des siècles, nos civilisations se sont battues pour survivre. Après deux guerres mondiales, des génocides, nous pensions avoir compris. Les intellectuels, les philosophes, les penseurs nous avaient promis que l’éducation pour tous nous sortirait enfin de la violence, de la haine, de la destruction.
Mais aujourd’hui, un constat amer s’impose : la connaissance seule ne protège plus de la manipulation. Nos sociétés, si fières de leur progrès, restent vulnérables aux illusions de masse. Nous avons jugé nos prédécesseurs pour leur crédulité, comme sous l’Allemagne nazie. Nous pensions être différents.
Pourtant, notre époque déborde de propagandes : la guerre du Golfe, l’Irak, la Libye, le Darfour le Sahel… Et maintenant encore d’autres pays plongés dans l’horreur.
Alors, qui sont les monstres ?
Peut-être personne. Peut-être tout le monde.
Peut-être seulement des peuples pris en otage par une minorité qui impose sa vision
du monde, au détriment de millions de vies innocentes.
Je suis une femme africaine, consciente d’appartenir à un peuple que l’histoire
n’a pas épargné : traite négrière, esclavage, colonisation, dictatures, génocides…
Ces blessures inscrites dans nos corps et dans notre mélanine font de nous des
cibles faciles, parfois même des êtres détestés sans raison valable.
Et pourtant, malgré tout cela, une chose demeure en moi : la compassion.
Je pleure pour chaque enfant, chaque femme, chaque homme ; quel que soit leur
pays qui se retrouve piégé sous les bombes, exposé à une violence qu’aucun être
humain ne devrait affronter.
Nous utilisons les religions pour justifier nos penchants destructeurs. Nous prions Dieu tout en espérant qu’il soutiendra nos crimes. Mais Dieu nous regarde faire.
Génération après génération, il observe nos choix, attendant peut-être que nous
comprenions enfin notre rôle véritable : préserver la vie, pas la détruire.
Aimer l’autre commence par s’aimer soi-même.
Et être intelligent, vraiment intelligent, c’est savoir dépasser nos peurs, nos dogmes,
nos croyances limitantes, pour tendre la main à celui qui vit à côté de nous. jamais de tuer un autre être humain. Si nous le faisons, une seule vérité apparaît : nous ne sommes pas aussi civilisés que nous le prétendons.
Tant que nous accepterons l’injustice, tant que nous trouverons des excuses aux massacres, nous resterons prisonniers du stade animal ; celui auquel certains
racistes nous comparent volontiers.
Pourtant, même les animaux ne tuent pas pour accumuler des richesses : ils
prennent seulement ce dont ils ont besoin.
Il est temps que les dirigeants du monde retrouvent la mesure, la responsabilité, la sagesse.
Il est temps que les instances internationales cessent de détourner le regard.
Il est temps de se rappeler une vérité simple, fondamentale, inévitable :
Nous partageons tous la même maison : la Terre.
Détruire l’autre, c’est toujours se détruire soi-même.
Une contribution de Esther DAGRI