Audiovisuel : Trace Ivoire lance le « JT du Biama »

Le Biama, incarnation récente d’une culture urbaine née à Yopougon et héritière du coupé‑décalé, gagne ses lettres de visibilité nationale et internationale grâce à Trace Ivoire. La chaîne a dévoilé, lors d’une avant‑première aux Deux‑Plateaux Vallon le 1er juillet 2026, sa nouvelle programmation dédiée : le « JT du Biama », une émission courte (sept épisodes de 15 minutes) prévue à partir du 24 juillet pour une diffusion estivale sur le canal 295.

Pensé comme un journal télévisé décalé, le JT mêlera interviews, reportages et chroniques d’influenceurs pour raconter la musique, la danse, le style et le langage qui constituent l’identité Biama. Côté présentation, le public retrouvera le Communicateur aux côtés de Stanislas de Stabenrath alias Stan Biama qui signe la production avec sa structure S2S Entertainment et se présente comme « Biamatologue » du projet.

Pour les initiateurs, l’émission n’est pas qu’un coup médiatique : elle vise à documenter et conserver une culture en pleine affirmation.

« Dans quelques années, ce JT servira d’archives pour montrer aux générations futures les débuts du mouvement », a expliqué Stan Biama lors de la projection.

Le projet bénéficie d’un partenariat avec Trace Ivoire et d’un appui financier d’entreprises, dont X&M Suppliers, soulignant une logique de mécénat et de responsabilité sociale autour de la jeunesse et des talents locaux.

La soirée de présentation a mis l’accent sur le volet chorégraphique du Biama. Cheick Mohamed, dit Le père Rodogodo , a indiqué les particularités de la danse : davantage axée sur le rythme et le blocage que sur des sauts acrobatiques, elle revendique une esthétique propre, distincte du coupé‑décalé tout en en étant la filiation. Plusieurs artistes et danseurs ont offert des démonstrations appréciées par les invités, avant la diffusion d’un numéro pilote du JT.

L’initiative suscite plusieurs questions éditoriales et culturelles : comment la télévision encadre‑t‑elle un mouvement populaire sans le neutraliser ? Le format court du JT permettra‑t‑il de rendre justice à la richesse des pratiques et des codes ? Et surtout, quelle sera la place des artistes et des communautés d’origine dans la gouvernance du projet et dans les retombées économiques ?

En attendant les premières diffusions, le JT du Biama est surtout perçu comme une étape importante de professionnalisation et d’institutionnalisation d’un courant urbain qui cherchait jusque‑là principalement ses espaces sur les réseaux sociaux et dans la rue. Trace Ivoire lui offre désormais une plate‑forme télévisuelle susceptible d’amplifier sa portée, tout en posant les enjeux de conservation, d’appropriation et de valorisation d’un patrimoine culturel contemporain.

Amy N’DIAYE

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