À Jazzablanca, Jowee Omicil n’est pas venu simplement donner un concert. Le saxophoniste, compositeur et multi-instrumentiste canadien d’origine haïtienne a offert le samedi 4 juillet 2026,au public une véritable traversée musicale, où les frontières entre les genres s’effacent au profit d’un langage universel.
Porté par son dernier album sMiLes, l’artiste propose un jazz ouvert sur le monde, nourri de hip-hop, de rythmes caribéens et d’influences africaines. Un univers qu’il qualifie lui-même de passeport auditif , invitant chaque auditeur à voyager bien au-delà des classifications musicales.
Cette démarche prend tout son sens dans sa récente tournée africaine. Après des étapes au Bénin et au Ghana, Jowee Omicil a posé ses valises au Maroc avec la volonté de se reconnecter directement aux racines musicales du continent. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de s’inspirer de l’Afrique, mais d’échanger avec elle.
Ses compositions en témoignent. « Trip to Ghana » célèbre les sonorités du highlife ghanéen, tandis que La lettre du Mali pour Jonathan puise dans les traditions mandingues pour les faire dialoguer avec une écriture résolument contemporaine. À travers ces œuvres, le musicien construit des passerelles entre les cultures plutôt que des barrières.
Toujours en quête de nouveaux horizons, Jowee Omicil ne se limite plus au saxophone, son instrument de prédilection. Il explore désormais le piano en solo, une aventure artistique qui devrait déboucher sur un prochain album. Sur scène, cette alternance entre vents, clavier et textures urbaines révèle un artiste en perpétuel mouvement, convaincu que la tradition doit être réinventée pour rester vivante.
Sa présence à Jazzablanca s’inscrit parfaitement dans l’esprit de cette édition du festival, caractérisée par une programmation éclectique réunissant grandes figures internationales, artistes africains et talents issus des diasporas. Un terrain idéal pour les dialogues musicaux que revendique Omicil.
Au fil de son concert, les influences se croisent, se répondent et se complètent, offrant au public une expérience immersive où le jazz devient un point de rencontre entre les Amériques, les Caraïbes et l’Afrique.
Au-delà de la performance scénique, sMiLes traduit une véritable philosophie artistique. Celle d’un musicien qui considère la tradition non comme un héritage figé, mais comme une matière vivante à transformer par l’improvisation, le partage et la rencontre.
À Jazzablanca, Jowee Omicil rappelle avec éclat que la musique ignore les frontières. Elle circule, se nourrit des cultures qu’elle rencontre et tisse, au fil des notes, des liens entre les peuples. Un concert généreux, libre et profondément inspiré, à l’image d’un artiste qui fait de chaque scène une invitation au voyage.
Ortis .A