Une nouvelle cohorte de professionnels des médias a entamé, le vendredi 4 septembre 2026, un cycle de formation de plusieurs mois à l’Université Renmin de Chine, à Beijing. Ce programme, piloté par le Centre international de la communication et de la presse de Chine (Cicpc), réunit plus d’une centaine de journalistes venus d’environ 100 pays, avec une forte représentation africaine.
Un dispositif de diplomatie médiatique structuré
Organisée à l’invitation de l’Association chinoise de diplomatie publique (Acdp), cette seconde session 2026 du Cicpc s’inscrit dans un dispositif plus large de « diplomatie des médias » que Beijing déploie depuis plusieurs années. Selon Hu Qifan, superviseur général du projet, l’objectif affiché est de favoriser une coopération « plus compréhensive » entre la Chine et les autres pays, en permettant aux journalistes étrangers de découvrir les réalités chinoises.
Depuis sa création en 2014, le Cicpc a déjà accueilli 1 051 professionnels des médias, selon les chiffres avancés par les responsables du programme. La session en cours prévoit une immersion de trois mois et demi à quatre mois, combinant cours, visites de terrain et stages pratiques.
Au cœur de l’Université Renmin : cours, culture et règles de vie
La formation a démarré à l’école de journalisme et de communication (Ejc) de l’université Renmin de Chine (Urc), une institution fondée en 1937 et présentée comme l’une des universités modernes emblématiques du pays. Avant le lancement des enseignements, la vice-doyenne, la professeure Yan Yan, a exposé aux participants les règles de séjour sur le campus, en insistant sur les consignes de sécurité et les interdits à respecter.
Le premier module a été assuré par la professeure Mingming Yin, directrice du Centre de recherche sur la communication des pays francophones. Sa présentation a mis l’accent sur les « valeurs universelles de la civilisation chinoise », tout en illustrant la diversité culturelle du pays à travers la gastronomie, la danse et les arts, appuyée par la diffusion de courts métrages issus de travaux de recherche.
Immersion terrain et stages dans les rédactions chinoises
Au-delà des cours magistraux sur le développement de la Chine, le programme prévoit une forte composante pratique. Les journalistes participeront à des visites à Beijing et dans d’autres régions, et effectueront des stages au sein de médias locaux afin de se familiariser avec les pratiques professionnelles en vigueur.
Le dispositif s’appuie sur six centres régionaux de communication de la presse, chacun doté de coordinateurs et d’étudiants volontaires qui facilitent les sessions de formation, les interviews et les activités culturelles. Selon Yu Lei, directrice du Cicpc, les bénéficiaires suivront un parcours mêlant formation journalistique, programmes diplomatiques, immersion culturelle et visites officielles, avec des attachments pratiques dans de grandes organisations médiatiques chinoises.
Une présence africaine remarquée dans un contexte de coopération médiatique croissante
La forte participation de journalistes africains à ce programme s’inscrit dans un contexte de rapprochement médiatique entre la Chine et l’Afrique. Pékin organise régulièrement des séjours de formation destinés aux acteurs des médias africains francophones, avec l’ambition de leur faire découvrir les infrastructures et les modèles de communication chinois.
Des participants récents, comme un journaliste djiboutien, ont ainsi effectué des visites approfondies à Beijing, Tianjin, Hebei, au Xizang (Tibet) et au Xinjiang, avant de saluer, à leur retour, les « réalisations de la modernisation de la Chine » et les perspectives de la coopération sino-africaine. D’autres sessions, plus courtes, ciblent spécifiquement les jeunes médias arabes ou les radiotélévisions d’Afrique francophone, avec des modules sur le numérique, l’intelligence artificielle et la gestion des contenus.
Un programme qui se veut pont entre les rédactions du monde et la Chine
Pour les responsables du Cicpc, cette formation vise à créer un espace d’échange où les journalistes « des pays développés » comme des pays du Sud global peuvent « apprendre et explorer » ce qui se passe en Chine. À travers ces immersions, Beijing entend renforcer son influence médiatique internationale, en formant un réseau de professionnels ayant une expérience directe du terrain chinois.
À l’issue de cette session, ce sont donc plus d’une centaine de reporters, rédacteurs et responsables de médias qui repartiront avec une connaissance accrue des réalités chinoises, et potentiellement avec de nouveaux angles pour traiter de la Chine dans leurs rédactions respectives.
Amy N’DIAYE