Cinéma/ 51 apprenants passent de la formation au véritable plateau

Après trois mois d’apprentissage, de discipline, d’écoute et de remise en question, 51 passionnés de théâtre et de cinéma ont reçu  le samedi 5 septembre 2026,leur attestation de fin de formation, à l’occasion de la 5e session de clôture pratique d’acteurs initiée par La structure Mont Fleuri Production de Jimy Koi. Une étape importante pour ces jeunes talents, désormais appelés à transformer leurs acquis en expériences sur les véritables plateaux.

Ils étaient 75 au départ. Ils ne sont finalement que 51 à franchir la ligne d’arrivée. Derrière ce chiffre se cache une réalité que le monde du cinéma connaît bien : le talent seul ne suffit pas. Il faut de la discipline, de la patience, du travail et surtout la volonté d’aller jusqu’au bout.

Le samedi 5 septembre, dans un hôtel situé à Cocody-Angré, l’ambiance était donc particulière. Entre émotion, fierté et soulagement, les apprenants de la 5e session de formation pratique d’acteurs ont officiellement refermé trois mois d’apprentissage consacrés au théâtre, au cinéma et à plusieurs fondamentaux du métier d’acteur.

Initiée par La  structure Mont Fleuri Production de Jimy Koi, cette session était placée sous le haut patronage de Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, avec pour parrain l’acteur burkinabè Ydelver Médard.

De 75 à 51 : le premier enseignement, la persévérance

La sélection naturelle opérée au fil des trois mois dit déjà beaucoup de l’exigence de cette formation. Sur les 75 inscrits au départ, 51 ont tenu jusqu’au bout.

Ici, il ne s’agissait pas simplement d’apprendre à réciter un texte, à pleurer sur commande ou à faire rire un public. Les participants ont découvert que le métier d’acteur commence bien avant que la caméra ne se mette à tourner.

Ils ont appris à connaître leur corps, leur voix, leurs émotions, leur présence et leur capacité à habiter un personnage. Ils ont surtout compris qu’on ne devient pas acteur simplement parce qu’on sait faire rire son entourage ou parce qu’on aime le cinéma. Être acteur, c’est un métier. Et comme tout métier, il s’apprend.

Au cours de la clôture, les apprenants ont d’ailleurs eu l’occasion de montrer concrètement ce qu’ils avaient appris durant ces trois mois. À travers leurs prestations, ils ont mis en avant le travail effectué autour de la rigueur, du respect, de l’écoute, de la maîtrise du corps et de l’interprétation.

« Jouer, ce n’est pas faire semblant »

Au nom des récipiendaires, Jules Kouakou a livré un message qui résume à lui seul l’état d’esprit de cette promotion. Pour lui, cette cérémonie marque certes la fin d’un chapitre, mais surtout le début d’une nouvelle aventure.

Les apprenants ont, dit-il, découvert que « jouer, ce n’est pas faire semblant, mais être vrai dans un monde vrai ».

Une phrase qui prend tout son sens lorsqu’on sait que le travail de l’acteur consiste précisément à donner de la vérité à des personnages parfois très éloignés de sa propre vie. Après trois mois passés à apprendre les bases, les 51 récipiendaires sont désormais confrontés à une autre réalité : celle du terrain, des auditions, des castings, des refus, des répétitions et des opportunités qu’il faudra savoir saisir.

« Le vrai plateau vous attend maintenant »  Le parrain, l’acteur burkinabè Ydelver Médard, absent physiquement de la cérémonie, n’en était pas moins présent dans les esprits.

Représenté à la cérémonie par Alexandre Kabré, chef d’entreprise, il a adressé un message de soutien et de fierté aux apprenants. Son représentant a fait savoir que l’acteur était « de tout cœur » avec eux et heureux d’avoir été choisi comme parrain bien avant cette cérémonie. Mais surtout, le message adressé aux nouveaux acteurs se voulait clair : la formation est terminée, le véritable travail commence maintenant.

« Le vrai plateau vous attend maintenant », a-t-il lancé, avant de rappeler une autre idée forte : le cinéma ne doit pas être considéré uniquement comme un métier, mais comme une manière d’être au monde.

Avant d’ajouter que « Le cinéma n’est pas un métier, mais une manière d’habiter le monde. Et nous allons l’habiter. »

Une formule qui résonne comme une invitation à ces jeunes comédiens à ne plus attendre le rôle idéal, mais à construire leur propre chemin.

Jimy Koi : transmettre pour construire une génération

Pour Jimy Koi, l’enjeu de cette formation dépasse largement la simple transmission de techniques.

Il s’agit de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs capables de comprendre les exigences du métier et de prendre leur place dans un secteur culturel en pleine évolution.

« Former un acteur, c’est donc aussi lui apprendre à se connaître, à maîtriser son outil de travail son corps, sa voix, son regard, ses émotions et à comprendre les réalités professionnelles du milieu » dit-il.

Des professionnels pour accompagner la relève

La cérémonie a été marquée par la présence de plusieurs acteurs dont Fortuné, Oyou, Mikan et bien d’autres professionnels du monde de l’art.

Leur présence témoigne d’une solidarité nécessaire dans un milieu où la transmission entre générations peut faire toute la différence.

Pour les jeunes récipiendaires, voir des acteurs confirmés à leurs côtés constitue aussi un signal fort : ils ne sont pas seuls dans cette aventure.

100 000 francs Fcfa pour encourager l’excellence

La cérémonie n’a pas seulement célébré la fin d’une formation. Elle a également récompensé le mérite. Une enveloppe de 100 000 francs Fcfa a ainsi été remise aux meilleurs apprenants, chez les femmes comme chez les hommes. Une manière d’encourager l’effort et de rappeler que l’excellence mérite d’être reconnue.

Maintenant, place au terrain

À l’issue de ces trois mois, les 51 apprenants repartent avec bien plus qu’une attestation. Ils repartent avec une nouvelle perception du métier, des outils, des expériences, mais aussi avec une responsabilité : celle de mettre en pratique ce qu’ils ont appris.

La cérémonie du 5 septembre n’était donc pas véritablement une fin. Elle ressemblait davantage à un passage de témoin entre l’école et le plateau. Car désormais, les exercices en salle devront laisser place aux auditions. Les répétitions devront céder la place aux tournages. Et les personnages travaillés pendant trois mois devront bientôt prendre vie devant une caméra ou face à un public.

Ils étaient 75 à commencer. Ils sont 51 à terminer. Et pour eux, le plus important reste encore à écrire : leur histoire sur les véritables plateaux de théâtre et de cinéma.

Amy N’DIAYE

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