Mexique : les morts-vivants prennent la rue pour une fête haute en couleur

Le macabre s’invite dans la fête, et la peur cède la place aux sourires. Dimanche, des milliers de personnes ont investi les rues de Mexico, grimées en zombies et vêtues de costumes effrayants, à l’occasion de la 19e édition de la « Zombie Walk ». Un rendez-vous devenu incontournable dans la capitale mexicaine, où l’horreur se décline sur un mode festif et rassemble toutes les générations.

Visages décomposés, blessures factices, regards livides et maquillages minutieusement travaillés : les participants rivalisent d’imagination pour donner vie aux créatures les plus inquiétantes. Au fil du parcours, clowns zombies, personnages monstrueux et silhouettes insolites, dont une personne déguisée en rat, composent un défilé aussi étrange que spectaculaire. Certains marchent en adoptant la démarche hésitante des morts-vivants, tandis que d’autres dansent ou enchaînent des figures acrobatiques sous les regards amusés du public.

Derrière cette mise en scène de l’épouvante se dessine aussi une manière singulière d’aborder la mort. Pour César López, graphiste venu participer à l’événement, cet engouement trouve notamment ses racines dans le rapport culturel des Mexicains à la disparition et à l’au-delà.

« Le fait que nous ayons cette tendance profondément ancrée à jouer avec l’idée de la mort, à nous en moquer, nous influence et explique en partie pourquoi nous apprécions ce genre d’ambiance », souligne-t-il.

Cette relation particulière à la mort, qui occupe une place importante dans les traditions mexicaines, notamment lors de la fête des Morts, trouve ici une autre expression. Le temps d’une marche, les figures de l’horreur quittent l’imaginaire du cinéma pour prendre possession de l’espace public, sans que la peur ne soit au rendez-vous.

Pour parfaire les transformations, des maquilleurs proposent également leurs services aux participants. Chaque visage devient un terrain de création, entre effets sanglants, traits cadavériques et détails réalistes. Au-delà des apparences inquiétantes, l’ambiance se veut inclusive et bienveillante.

Daniela Muñiz, pom-pom girl et participante, insiste sur cet esprit de liberté : « Personne ne critique ni ne juge les autres ; tous les participants sont uniques, et il règne un grand respect mutuel entre tous. »

Au fil des éditions, la « Zombie Walk » s’est ainsi installée dans le calendrier festif de Mexico. Loin de se limiter à une parade de créatures effrayantes, elle offre un espace où l’imagination, l’expression individuelle et la convivialité se rencontrent. Dans les rues de la capitale, les morts-vivants n’effraient plus : ils marchent, dansent et célèbrent ensemble, transformant le macabre en spectacle populaire.

Amy N’DIAYE

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