Le moment était fort. Émouvant. D’un ton posé mais ferme, Rokiatou Diakité épouse Traoré, déléguée à la MATCA, a lu à haute voix une motion : une demande de pardon solennelle adressée au gouvernement, au nom de l’ensemble des responsables de taxi-compteur.

Un acte fort, une reconnaissance des erreurs passées, mais surtout une main tendue. Un signal clair : les sociétaires veulent tourner la page et sauver leur maison commune.
Au-delà de cette déclaration, elle a lancé un appel vibrant à la cohésion sociale, au nom de l’héritage laissé par les pionniers de la mutuelle, à l’image de Kassoum Coulibaly.

Ce geste symbolique marque la fin d’un cycle de tensions internes, de divisions, de malentendus. Et le début d’une nouvelle dynamique : celle du rassemblement, de la lucidité, et de l’unité.
Cette volonté collective de repartir sur de nouvelles bases ne vient pas de nulle part. Elle est portée par deux figures respectées du milieu : Mohamed Bassim et Bakary Coulibaly, dit Bako.

Conscients des signaux d’alerte autour de l’état de la mutuelle, ils ont pris l’initiative de réunir leurs pairs pour une rencontre décisive, en présence d’Ibrahim Diaby, directeur général du Haut Conseil du Patronat des Entreprises de Transport Routier de Côte d’Ivoire.
« L’heure n’est plus aux querelles .Nous avons compris que si la MATCA tombe, c’est nous tous qui perdons. Il est temps de nous asseoir, de parler vrai, et surtout d’agir. » indique Mohamed Bassim.
Tout au long des échanges, un mot est revenu : prise de conscience, se mettre ensemble pour l’avenir de la mutuelle etc
Chacun a reconnu qu’il y a eu des manquements. Mais chacun, aussi, a exprimé une volonté nouvelle d’en finir avec les querelles intestines qui ont fragilisé la mutuelle.
« Ce n’est pas en allant en rangs dispersés que nous sauverons la MATCA. Nous devons parler d’une seule voix, travailler main dans la main. Et cela commence par le pardon, la cohésion, et la foi en un avenir commun », confie Bakary Coulibaly.

Face à eux, le directeur général du Haut Conseil du Patronat des Entreprises de Transport Routier de Côte d’Ivoire n’a pas caché son émotion. Il a salué cette prise de conscience collective et profiter de l’occasion pour faire l’apologie de cette mutuelle d’assurance, fondée grâce à l’engagement de pionniers comme Kassoum Coulibaly.
« Ce que vos devanciers ont construit ne doit pas s’effondrer sous vos yeux. Vous avez le pouvoir de redonner vie à cette structure. Il ne s’agit plus d’explications, mais d’engagements. De maturité. D’unité », mentionne-t-Il.
Les responsables de taxi-compteur repartent de cette journée avec une conviction nouvelle : sauver leur mutuelle, et construire ensemble un avenir plus solidaire.
Ce 2 juin 2025 pourrait bien devenir une date historique pour la MATCA : le jour où, au lieu de la rupture, les sociétaires ont choisi la réparation. Au lieu du silence, le dialogue. Au lieu de la chute, la refondation.
Amy N’DIAYE