Face à l’urgence d’agir contre les violences sexuelles, les grossesses en cours de scolarité, les pratiques à risques et la consommation de drogues chez les jeunes, l’association des femmes juristes de Côte d’Ivoire (AFJCI) et l’ong mission des jeunes pour l’éducation, la santé, la solidarité et l’inclusion (MESSI ) ont organisé le mardi 3 juin 2025,une table ronde multi-bailleurs à Angré, 7e tranche, réunissant acteurs institutionnels, partenaires techniques et financiers autour d’un objectif commun : mobiliser des ressources pour former massivement les enseignants à l’éducation à la santé et à la vie saine (ESVS).


La présidente de l’AFJCI, Virginie N’Guessan, a planté le décor en soulignant la nécessité de doter les enseignants des outils adéquats pour transmettre une information claire et juste aux élèves.
« Lorsque nous entendons parler de tontines sexuelles, de violences basées sur le genre ou de grossesses précoces, nous ne pouvons rester indifférents. Il faut réagir en formant les enseignants, car bien enseignée, l’éducation à la santé et à la vie saine permet aux jeunes de faire des choix éclairés. »dit-elle.
La table ronde s’inscrit dans la continuité du projet « C’est la vie 2.0 » (CVL2-0), mis en œuvre de décembre 2022 à mai 2025. Sa responsable, Agathe Blanc, en a présenté les résultats, mettant en lumière les avancées mais aussi les limites rencontrées, principalement dues à des financements insuffisants.

Du côté du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation (MENA), Laciné Bamba a dressé un état des lieux préoccupant : la persistance des grossesses en milieu scolaire, couplée à une cartographie incomplète des enseignants formés, freine les efforts de prévention et de sensibilisation à grande échelle.
Selon Michelle Diomandé, cheffe de projet à l’ong MESSI, près de 97 852 enseignants n’ont toujours pas été formés à l’ESVS, faute de moyens. Cela compromet la qualité de l’information transmise aux élèves, et prive des milliers de jeunes d’une éducation essentielle à leur développement.

Le coût estimé pour former l’ensemble des enseignants est de 12 milliards de francs CFA. Les acteurs présents ont unanimement plaidé pour l’inscription d’une ligne budgétaire spécifique au sein du budget du ministère de l’éducation nationale et de l’alphabétisation, afin de garantir la pérennité de ces formations à l’échelle nationale.
Babacar Dieye, chef de projet à la RAES, a lors de son exposé indiqué qu’il faut intégrer l’éducation à la santé et à la vie saine à l’école est aujourd’hui la seule voie possible pour accompagner nos jeunes dans leur transition vers l’âge adulte. Avant de dire que « Pour que des élèves comme Koffi et Nadège reçoivent les bonnes informations, acquièrent des compétences de vie, et puissent prendre des décisions responsables. »

Cette table ronde a ainsi permis de poser les bases d’un plaidoyer structuré en faveur d’un programme national de formation continue des enseignants, avec pour ambition de faire de chaque école un espace de protection, d’éducation et de responsabilisation des jeunes Ivoiriens.
Florence EDIE