Nutrition : Quand notre mode de vie nous rend malades

Conçu pour l’adaptation et la survie, l’être humain est un organisme en constante mutation. Cette capacité d’évolution, qui fut longtemps un atout, devient aujourd’hui une source de vulnérabilité. Selon le spécialiste de la nutrition  Stéphane Dadji, notre corps, autrefois calibré pour l’effort, peine à s’adapter à un monde d’abondance, de sédentarité et de surconsommation.

Pendant des millénaires, l’humain a évolué dans un contexte où il devait dépenser une grande quantité d’énergie physique pour survivre : chasser, cultiver, marcher de longues distances. Cette dépense énergétique trouvait un équilibre dans une alimentation simple, naturelle, composée de produits bruts, riches en fibres, en vitamines et pauvres en excès.

À cette époque, l’excès était l’exception. Le corps fonctionnait comme une machine optimisée pour l’endurance, l’adaptation et la privation occasionnelle. Mais l’avènement de la modernité a bouleversé ce fragile équilibre.

Un monde d’abondance et de déséquilibres

L’industrialisation et la révolution technologique ont changé la donne. L’homme moderne, en quête de confort, a réduit considérablement son activité physique quotidienne. Transports motorisés, ascenseurs, services à domicile, télétravail : tout est pensé pour limiter l’effort. Parallèlement, l’accès facile et massif à une nourriture ultra-transformée a favorisé une surconsommation constante.

Aujourd’hui, nos assiettes regorgent de produits riches en sucres raffinés, en sel, en matières grasses saturées, souvent issus d’organismes génétiquement modifiés. Cette abondance ne rime pas avec équilibre. Le corps humain, toujours programmé pour fonctionner avec modération, se retrouve surchargé de substances qu’il n’est pas préparé à traiter.

Les maladies de l’excès : une pandémie silencieuse

Ce déséquilibre a des conséquences préoccupantes. Le monde médical observe une progression fulgurante des maladies dites de civilisation. Diabète de type 2, obésité, hypertension, goutte, troubles cardiovasculaires, arthrose, colopathie fonctionnelle… Ces pathologies ont toutes en commun un facteur déclencheur : l’excès.

Mais il y a un ennemi plus sournois encore : le stress. Alimentation déséquilibrée, rythme de vie effréné, pression sociale et professionnelle constante. Le stress chronique affaiblit le système immunitaire, dérègle les hormones, freine la régénération cellulaire et accélère le vieillissement. Il agit comme un catalyseur silencieux de nombreuses maladies contemporaines.

Une réponse médicale souvent curative

Face à ces bouleversements, la médecine moderne, encore trop centrée sur le curatif, peine à répondre de façon durable. Les traitements proposés. Les médicaments chimiques, antibiotiques, interventions chirurgicales soulagent les symptômes mais s’attaquent rarement aux racines du problème.

« On soigne les effets, mais on oublie de traiter les causes », déplore Stéphane Dadji, qui plaide pour une approche holistique, centrée sur la prévention et l’éducation nutritionnelle.

Prévenir plutôt que guérir 

Il devient impératif de repenser nos habitudes de vie. Le retour à une alimentation saine, naturelle, dépourvue d’additifs et de conservateurs, doit s’accompagner d’une reprise d’activité physique régulière. Marcher, bouger, transpirer : autant de gestes simples qui permettent au corps de retrouver son rythme biologique.

Il est aussi urgent d’apprendre à gérer le stress, à travers des pratiques douces comme la respiration, le yoga, la méditation ou même le contact avec la nature. Réapprendre à écouter son corps, à distinguer la faim de l’envie, le besoin du caprice, fait partie de cette rééducation nécessaire.

Nutrition et sport : un duo gagnant pour la longévité

Le binôme nutrition-sport reste la meilleure réponse aux maux de la modernité. En adaptant les apports caloriques aux besoins réels de chacun, en privilégiant des produits frais, bio, locaux et peu transformés, on permet à l’organisme de retrouver son efficacité naturelle.

Loin d’être un luxe, ce mode de vie équilibré est une nécessité. Il protège, renforce, régénère. Il redonne au corps sa fonction première : celle d’un moteur conçu pour bouger, digérer, éliminer, se défendre.

En somme, dans un monde qui nous pousse à la facilité et à la consommation excessive, le retour à l’essentiel est un acte de survie. Plus qu’un slogan, c’est un choix de société.

Amy N’DIAYE 

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