Après plus d’un siècle d’absence, le tambour parleur Djidji Ayokwè, symbole ancestral du peuple Atchan, retrouve officiellement sa terre d’origine. La restitution a été actée au Musée du Quai Branly Jacques Chirac, marquant l’aboutissement d’un long processus diplomatique, juridique et culturel entre la France et la Côte d’Ivoire.
Ce retour n’est pas seulement celui d’un objet : c’est la réparation d’une mémoire blessée et la réaffirmation d’une dignité collective. Le Djidji Ayokwè avait été arraché à sa communauté en 1916 et conservé loin de sa terre pendant 110 ans, suscitant une attente générationnelle.
« Aujourd’hui, le Djidji Ayokwè revient sur sa terre, auprès de sa communauté… », confie Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, lors de la cérémonie officielle. Elle a salué le leadership du Président Alassane Ouattara, rappelant son message du 6 août 2025 lors de la fête nationale : « Bâtir l’avenir, c’est aussi préserver notre histoire, nos traditions et notre patrimoine culturel. »
La restitution du tambour est le fruit d’un dialogue engagé depuis la déclaration de Ouagadougou en 2017 du Président Emmanuel Macron, ouvrant la voie à la restitution d’œuvres africaines. La demande officielle ivoirienne de 2019 a ensuite lancé un processus patient de négociations, impliquant le gouvernement ivoirien dans son ensemble, de la Présidence au Premier Ministre Robert Beugré Mambé et au Vice-Président Tiemoko Meyliet Koné.
La cérémonie a pris une dimension internationale, avec la présence de Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de la Organisation internationale de la Francophonie, et Khaled El-Enany, Directeur général de l’Unesco, témoignant de l’importance du retour du Djidji Ayokwè pour l’espace francophone et la scène patrimoniale mondiale.
La signature officielle de la convention de transfert de propriété scelle un engagement fondé sur la reconnaissance de la valeur inestimable du patrimoine ivoirien. Comme l’a souligné la ministre,
« le Djidji Ayokwè n’est pas un simple objet restitué, mais une mémoire retrouvée, une dignité réaffirmée et une voix rendue à son peuple ».
Pour le peuple Atchan et toute la Côte d’Ivoire, cette restitution symbolise bien plus qu’un retour matériel : elle ouvre une renaissance culturelle et mémorielle, célébrant l’histoire, les traditions et la résilience d’une communauté longtemps séparée de ses symboles ancestraux.
Ortis A