À Abidjan, des femmes et des hommes ont enfourché leurs vélos à l’occasion de la Journée mondiale du vélo. Au-delà de la balade, cette mobilisation citoyenne porte un message fort : rendre la ville plus sûre, plus verte et plus accessible grâce à des infrastructures adaptées aux cyclistes.
Sous un soleil matinal encore clément, une centaine de cyclistes parcourent les rues d’Abidjan. Parmi eux, de nombreuses femmes qui ont choisi de faire entendre leur voix à travers le mouvement de leurs pédales. Organisée par l’ONG WIRI à l’occasion de la Journée mondiale du vélo, la parade met en lumière les enjeux de la mobilité durable dans la capitale économique ivoirienne.
À l’initiative de cette action, Yasmine Diawara, fondatrice de l’ONG, milite depuis plusieurs années pour une meilleure intégration du vélo dans les habitudes de déplacement. Pour elle, le constat est clair : les cyclistes ont besoin d’espaces sécurisés pour circuler sereinement.
« Abidjan mérite des pistes cyclables », explique-t-elle avec conviction.
Son plaidoyer est porté par son expérience de voyageuse à vélo à travers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où elle a pu mesurer les bénéfices économiques, écologiques et sociaux de ce mode de transport.
Dans le cortège, Aïcha pédale avec une motivation particulière.
« Je pense à l’avenir de mes petits-enfants », confie-t-elle.

Comme elle, de nombreux participants rêvent d’une ville où chacun pourrait se déplacer à vélo sans craindre les accidents ou l’incivisme routier. Adama Diabaté, cycliste depuis 1962, partage cette préoccupation. Selon lui, le respect des règles de circulation est indispensable, mais la création de pistes cyclables demeure une priorité pour encourager davantage de citoyens à adopter ce moyen de transport.
Au-delà de la question de la sécurité, les défenseurs du vélo mettent en avant ses nombreux avantages. Réduction de la pollution, amélioration de la santé, diminution des embouteillages : les bénéfices sont multiples. Pour Andy Costa, acteur engagé dans la promotion de la mobilité durable, le vélo constitue une réponse concrète aux défis urbains actuels.
Cette parade est aussi un appel lancé aux autorités. Les participants souhaitent voir émerger des politiques publiques favorables aux mobilités douces, avec des infrastructures adaptées et des campagnes de sensibilisation.
À travers cette initiative, une conviction s’impose : construire la ville de demain passe aussi par la place accordée au vélo aujourd’hui. Et parmi les voix qui portent ce changement, celles des femmes résonnent avec une force particulière.
Amy N’DIAYE