Les 18 et 19 juin 2026, l’ICA a posé un jalon pour la cardiologie ivoirienne en effectuant les deux premiers remplacements valvulaires aortiques percutanés (TAVI) du pays, avec l’appui technique de Medtronic.
L’Institut de cardiologie d’Abidjan (ICA) a franchi une étape majeure pour la prise en charge des maladies valvulaires en Côte d’Ivoire en réalisant, les 18 et 19 juin 2026, les premiers remplacements valvulaires aortiques par voie percutanée (TAVI) opérés sur le sol national. Ces interventions, conduites par l’équipe du Professeur Roland N’Guetta, illustrent la capacité croissante du centre à mener des gestes interventionnels de très haute technicité.
Ces deux procédures, destinées à des patients présentant des formes complexes de sténose ou d’insuffisance aortique, ont été menées sous la supervision d’un proctor international envoyé par Medtronic, qui a assuré l’appui scientifique et technique en coopération avec son distributeur local, Médikacare. Pour le fabricant américain, il s’agit d’une première accompagnement direct d’une équipe d’Afrique subsaharienne pour un TAVI, soulignant l’importance régionale de l’opération.
Le TAVI évite la chirurgie à cœur ouvert en remplaçant la valve malade via un cathéter inséré dans l’arbre artériel. À l’ICA, la réussite de ces actes repose sur un plateau technique complet imagerie avancée, scanner préopératoire, équipes de chirurgie cardiaque en appui et sur l’expertise multidisciplinaire acquise par le centre au fil des années. Selon les praticiens, la sélection rigoureuse des patients et le respect des protocoles internationaux ont été déterminants.
Au-delà de la performance technique, ces interventions témoignent d’un engagement institutionnel. Leur réalisation a été facilitée par le concours des autorités publiques, qui ont soutenu l’accès à ces technologies coûteuses. Ce soutien constitue un signal fort en faveur d’une politique sanitaire visant à limiter les évacuations sanitaires vers l’étranger et à renforcer les capacités locales.
L’ICA envisage désormais d’intégrer le TAVI dans son offre régulière, après évaluation des premiers résultats cliniques et formation complémentaire du personnel. L’ambition affichée est claire : positionner Abidjan comme pôle de référence pour la cardiologie interventionnelle en Afrique de l’Ouest, attirant formations, recherches et patients de la sous‑région.
Restent des défis à relever coût des prothèses, accessibilité pour les patients, et mise en place d’un suivi à long terme mais cette première constitue un jalon important. Pour la Côte d’Ivoire, réussir à ancrer durablement ces technologies représente un pas concret vers l’autonomie dans la prise en charge des pathologies cardiaques complexes.
Ortis. A