Gastronomie / ‘’ Bocuse d’or Afrique 2026’’ : « La daba », l’espoir du chef Bably pour ouvrir les portes de Lyon à la côte d’ivoire

Du 22 au 24 septembre, la Côte d’Ivoire participe pour la première fois au ‘’Bocuse d’Or Afrique’’ dans la catégorie cuisine. Une première historique qui aurait pu ne jamais avoir lieu, tant les difficultés financières ont longtemps pesé sur la préparation du déplacement.

Mais deux soutiens auront finalement permis à une partie de la délégation de prendre le chemin du Maroc.

La SONAPIE a pris en charge une partie des besoins de l’équipe ivoirienne de cuisine et offert deux billets d’avion. Les autorités marocaines, de leur côté, ont apporté un appui particulièrement significatif avec six billets d’avion offerts à la délégation.

Des gestes qui auront contribué à sauver une participation qui, quelques jours encore auparavant, apparaissait incertaine. Tant les autorités ivoiriennes ont tourné le dos. Et pourtant, le Ministère du Commerce et de l’Artisanat, tutelle de la gastronomie, avait promis son financier. Tout comme Côte d’Ivoire Tourisme. Lors de l’audience qu’elle leur a accordée, Maléka Mourad-Condé, Directrice Générale de l’ofgice ivoirien du Tourisme avait promis l’accompagnement de l’institution en charge de la promotion du tourisme, au point même d’être le sponsor officiel des Éléphants Cuisiniers et Pâtissiers chocolatiers sur le Bocuse d’Or Afrique. Quant au  Ministère du Tourisme, c’est un appui en papier, point. L’argent a été réservé pour financer le voyage du Ministre et sa délégation qui allait l’accompagner à Paris, au salon IFMT TOP RESA de l’industrie du voyage et du tourisme à Paris organisé du 15 au 17 septembre 2026. Tout comme les institutions de Café-Cacao, et d’anacarde.Tous ont refusé de soutenir les représentants de la Côte d’Ivoire à ce grand rendez-vous international des sommité de la cuisine et de la pâtisserie chocolaterie. Quel manque de patriotisme ! 

Il aura fallu de la volonté, du talent et, surtout, des soutiens décisifs pour que les Éléphants de la gastronomie soient finalement à Agadir.

Désormais, les Éléphants sont à Agadir. Et l’heure n’est plus aux difficultés du voyage. L’heure est au combat gastronomique.

« La daba », de la terre à l’assiette

Le jeudi 24 septembre 2026, à Agadir, l’équipe ivoirienne de cuisine joue sa première qualification africaine. Sur une assiette en acier inspirée de l’outil ancestral de la terre, Chef Dominique Bably veut raconter la Côte d’Ivoire, son identité et son savoir-faire.

Il aura fallu de la volonté, du talent et, surtout, des soutiens décisifs pour que les Éléphants de la gastronomie soient finalement à Agadir.

Pour cette première bataille continentale, Chef Dominique Bably n’arrive pas les mains vides.

Il arrive avec une idée. Une signature. Un symbole: « La Daba ».

Inspirée de l’outil ancestral de travail de la terre, cette pièce en acier servira de support de présentation aux créations de l’équipe ivoirienne.

Mais derrière l’objet, il y a tout un récit.

La terre qui nourrit.

Le travail qui transforme.

La transmission qui perpétue. La gastronomie qui réinvente.

La daba devient ainsi une assiette. L’outil de la terre devient l’écrin de la haute gastronomie.

Et la Côte d’Ivoire transforme son patrimoine en langage culinaire.

« La Daba, c’est notre terre qui nourrit, notre culture qui inspire et notre savoir-faire qui se réinvente », résume le concept présenté au jury.

C’est cette identité que Chef Bably devra faire parler dans chacune de ses assiettes.

Avec 18 années de métier, Dominique Bably n’est pas un novice.

Professionnel de la haute gastronomie, il connaît les exigences d’une cuisine où la précision ne laisse aucune place à l’improvisation.

À Agadir, il bénéficie également de l’accompagnement d’un autre patron des fourneaux quiva fait ses preuves un peu partout à l’international: Chef Traoré, fondateur des Ateliers d’Afrique, qui assure son coaching.

Le duo avance avec sérénité.

Face aux cinq autres nations engagées- Maroc, Tunisie, Égypte, Île Maurice et Sénégal- le candidat ivoirien affiche son optimisme.

Mais au ‘’Bocuse d’Or’’, l’optimisme ne suffit pas.

Il faudra convaincre.

Cinq heures pour faire la différence

Le jeudi 24 septembre, Chef Bably et son équipe entreront en compétition.

Pendant plusieurs heures, debout, sous la pression du chronomètre et du regard du jury, les Ivoiriens devront transformer leur préparation en une véritable démonstration de maîtrise technique, de créativité et d’identité.

Chaque geste comptera.

Chaque cuisson comptera.

Chaque détail comptera.

Et, au bout de l’épreuve, l’objectif sera clair : décrocher l’un des précieux tickets africains pour la grande finale mondiale du Bocuse d’Or à Lyon, en France, en 2027.

La Côte d’Ivoire défend également ses couleurs dans la Pâtisserie-Chocolaterie, avec une autre équipe conduite par Vagondo Diabaté et Adama Konaté, sous la direction du coach Chef Servais Zinsou.

Pour cette discipline, la Côte d’Ivoire possède déjà une histoire : il s’agit de sa sixième participation, avec un titre de championne d’Afrique à la clé.

Depuis ce mercredi 23 septembre, les pâtissiers-chocolatiers ivoiriens ont été les premiers entrés dans l’arène. La Côte dl’Ivoire est donc sur deux fronts. Elle est, d’un côté, dans la cuisine, et de l’autre dans la catégorie

pâtisserie-chocolaterie. Deux équipes et deux disciplines avec lesquels la Côte d’Ivoire veut faire flotter son drapeau sur le toit du monde à Lyon 2027. Agadir pourrait être cette première étape d’une ambition.

Mais cette participation ivoirienne aura été obtenue au prix d’une mobilisation de dernière minute et de soutiens déterminants.

Elle rappelle aussi une réalité : le talent existe. Les professionnels sont là. Le savoir-faire est là. L’ambition est là.

Mais pour inscrire durablement la Côte d’Ivoire dans le cercle des grandes nations gastronomiques, il faudra désormais accompagner ces talents bien avant que le chronomètre ne commence à tourner.

À Agadir, Chef Dominique Bably et ses Éléphants ont une mission immédiate : faire parler la Côte d’Ivoire dans l’assiette.

Et « La Daba » pourrait bien devenir le symbole de cette première conquête.

Car sur cette pièce d’acier, il n’y aura pas seulement des créations culinaires.

Il y aura une histoire à raconter.

Celle d’une Côte d’Ivoire qui puise dans sa terre pour porter sa gastronomie vers les sommets.

Une correspondance de V. K

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