Dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU, la Côte d’Ivoire déploie 2 395 militaires entre 2017 et 2024 et parmi eux seulement 96 sont des femmes. Ce qui représente 4% du total un chiffre révélé le 11 juin 2026, à Abidjan, par le Pr Kimou Assi directeur adjoint de la CAPEC-CIRES, qui raconte une réalité qui pèse sur les femmes militaires ivoiriennes des obstacles invisibles systémiques qui limitent leur accès aux missions de paix
Le mythe du problème de choix est surmonté car contrairement à ce que beaucoup pensent ce n’est pas un manque de volonté de la part des femmes. L’étude menée selon la méthodologie internationale MOWIP identifie scientifiquement les goulots d’étranglement systémiques depuis le recrutement jusqu’au déploiement et cette étude ne mesure pas des intentions. Elle identifie scientifiquement les goulots d’étranglement systémiques comme l’a expliqué le Pr Assi
Les résultats issus d’une enquête menée auprès de 380 militaires dont 190 femmes et 190 hommes dans six régions militaires Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo, Man et Daloa mettent en lumière des contraintes institutionnelles organisationnelles et socioculturelles qui freinent l’accès des femmes aux opportunités de déploiement
Parmi les freins on trouve des contraintes structurelles liées à l’organisation des forces aux conditions de projection, des forces aux horaires aux rotations, des facteurs culturels comme les stéréotypes sur le rôle de la femme la pression familiale les normes sociales et un accès limité aux opportunités. Telles que les postes de commandement les missions de haut niveau les formations spécifiques
Nassénéba Touré, ministre de la Femme de la Famille et de l’Enfant a exhorté l’État-major général des Armées à transformer ces enseignements en actions concrètes. Car, il nous appartient désormais de transformer ces enseignements en actions susceptibles de favoriser une participation plus importante des femmes comme elle l’a souligné
La haute hiérarchie militaire a accueilli favorablement le Projet ELSIE, une initiative soutenue par les Nations unies et le gouvernement du Canada visant à accroître la participation significative des femmes dans les opérations de paix organisé conjointement par ONU Femmes Côte d’Ivoire, le ministère de la Défense et l’État-major général des Armées. Ce projet est une réponse directe aux obstacles identifiés
Le général d’armée, Lassina Doumbia ,chef d’état-major général des Armées a reconnu que les blocages relèvent parfois de contraintes structurelles mais aussi de facteurs culturels plus diffus quoique tout aussi déterminants
Ce chiffre de 4% n’est pas une fatalité il est le résultat de freins qui ne sont pas insolubles il est le signe que des mesures doivent être prises pour réformer les pratiques comme les horaires les rotations, les conditions de projection pour lutter contre les stéréotypes comme les normes sociales, la pression familiale, les croyances sur le rôle de la femme et pour ouvrir les opportunités comme les postes de commandement, les missions de haut niveau et les formations spécifiques
Pour les femmes ivoiriennes qui veulent servir dans les opérations de paix, ce n’est pas un manque de volonté , c’est un manque de portes ouvertes et, ce 11 juin 2026, à Abidjan, la cérémonie de lancement du rapport d’évaluation des obstacles a été le premier acte pour les ouvrir
Le bien-être, c’est aussi le droit de servir et pour les femmes militaires ivoiriennes, ce droit est encore trop souvent freiné. Ce 11 juin, c’est le jour pour commencer à marcher pas pour arriver mais pour vivre pour servir pour être reconnues
Amy N’DIAYE/ Photo d’archives)