L’actrice australienne Cate Blanchett a présenté le mardi 23 juin 2026, au Parlement européen le registre du consentement humain,. Une plateforme gratuite destinée à permettre à toute personne d’empêcher l’utilisation non autorisée de son nom, de son image ou de sa voix par des systèmes d’intelligence artificielle.
Accessible via rslmedia.org, le site autorise l’enregistrement d’éléments d’identité nom, photo, enregistrement vocal et propose trois niveaux de consentement : vert (autorisation libre), jaune (autorisation sous conditions) et rouge (interdiction). Les intermédiaires, agents et managers peuvent également inscrire des profils au nom d’artistes et de créateurs.
« À l’ère de l’IA, votre identité est votre propriété intellectuelle », a expliqué Blanchett, cofondatrice du projet. Elle rappelle qu’en janvier elle avait signé, avec plus de 800 artistes, une lettre ouverte accusant certains acteurs du secteur d’IA de s’approprier des œuvres sans consentement.
L’initiative devrait évoluer pour couvrir, à terme, la protection de créations et de marques. Pour l’instant, la responsabilité de vérifier les protections déclarées incombe aux plateformes d’IA, bien que cette vérification ne soit pas encore systématiquement imposée par la loi dans la plupart des pays.
Plusieurs responsables européens ont soutenu le projet. L’eurodéputée Eva Maydell (PPE) a salué un outil qui rend les droits transparents et place la créativité humaine au cœur du progrès technologique. Sabine Verheyen, vice-présidente du Parlement, a pour sa part réclamé un renforcement du cadre réglementaire de l’UE et des obligations de transparence en s’appuyant sur l’AI Act adopté il y a deux ans.
Parmi les soutiens présents, le réalisateur Steven Soderbergh a salué un modèle simple, indépendant et inviolable, susceptible, selon lui, de concilier intérêts des entreprises et protection des créateurs.
Pour l’actrice, au-delà du cadre juridique, le respect du consentement est aussi une question d’éthique et de crédibilité pour les acteurs de l’IA.
« Ne pas respecter le consentement et les droits de la personne est antithétique à la mission qu’ils revendiquent », a-t-elle affirmé.
Ortis. A